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Produits laitiers/exportations Madrid et Lisbonne réclament la réintroduction des restitutions à l’exportation

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A l’occasion du dernier Conseil « agri » de l’UE, l’Espagne et le Portugal, soutenus par les délégations lituanienne et polonaise, ont demandé à la Commission européenne de réintroduire temporairement les restitutions à l’exportation pour remédier à la détérioration de la situation du marché du lait et des produits laitiers dans l’UE. Lors de la dernière session du Conseil, en juillet 2012, la Pologne et la Lituanie avaient déjà alerté la Commission de la gravité de la situation de leur secteur laitier intérieur. Sans grand résultat apparemment.

Dans une déclaration commune, les ministres de l’agriculture de l’Espagne et du Portugal ont exprimé leur « grave préoccupation face à la détérioration continue de la situation du marché du lait et des produits laitiers qui », soulignent-ils, « loin d’avoir montré des signes d’amélioration prévus par la Commission dans son rapport de juillet 2012, se poursuit selon une spirale descendante qui met gravement en péril la survie de nombreuses exploitations dans les deux pays ». Madrid et Lisbonne demandent donc à Bruxelles « d’examiner toutes les possibilités offertes par l’organisation commune des marchés afin d’apaiser les tensions actuelles sur le marché des produits laitiers ».
Les deux ministres de l’Agriculture précisent que les augmentations de la production de lait en Espagne et au Portugal – autour de 2,5 %, soit une augmentation similaire à la moyenne communautaire – n’ont pas pu être absorbées par l’industrie et que donc les prix ont accusé une baisse qui se creuse de mois en mois ». Les deux responsables ibériques tiennent à préciser aussi que « les pays voisins, ont eux aussi, connu des augmentations de production semblables ». Le résultat, selon eux, serait « qu’entre janvier et juillet 2012 les prix du lait auraient chuté de 9,3% au Portugal et de 10% en Espagne, pour atteindre 29,10 euros les 100 kg sur le marché portugais et 29,32 euros/100 kg en Espagne ». Les deux ministres de l’agriculture ont rappelé que, selon les données fournies par la Commission européenne elle-même, lors du « comité de gestion des produits laitiers du 30 août 2012, les prix moyens communautaires ont chuté de 9,9% entre janvier et juin 2012. « Une situation qui ne peut donc », selon eux, « être attribuée à la baisse saisonnière caractéristique des premiers mois de l’année, comme on aurait pu le croire il y a quelques mois ». Pire : la baisse continue des prix payés aux producteurs laitiers « est aggravée par l’augmentation significative des prix des aliments du bétail, en particulier ces dernières semaines ». L’augmentation moyenne de ces prix aurait été « de plus de 15 % en Espagne entre janvier et août 2012 tandis que les prix du maïs au Portugal se seraient accrus de plus de 33 % ». Résultat : la viabilité des exploitations laitières espagnoles et portugaises serait sérieusement menacée car de couvrir leurs coûts de production, même avec les recettes provenant des paiements directs de la Pac », sans parler de la crise du crédit qui affecte les producteurs en raison de la crise économique en cours.
 
Une mesure temporaire
Les deux ministres ibériques proposent donc « la réintroduction temporaire des restitutions à l’exportation pour les produits laitiers afin de stimuler la compétitivité sur les marchés internationaux et la révision des prix d’intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre ». L’Espagne et le Portugal considèrent que les niveaux actuels des prix de l’intervention, « qui sont restés inchangés depuis plusieurs années, sont très loin de la réalité du marché et du climat actuel des coûts de production très élevés, ce qui rend impossible de parvenir à un niveau minimal de viabilité par rapport à l’augmentation constante du prix du pétrole, des engrais et des produits alimentaires ». Ils estiment aussi que « l’aide au stockage privé pour le beurre est un autre instrument qui permettrait de retrouver un certain équilibre. En guise de réponse, la Commission européenne s’est contentée d’indiquer qu’elle « prenait note » de la situation décrite par les deux ministres ibériques et que « des mesures d’urgence ne seraient pas nécessaires dans l’immédiat ». Si l’Espagne et le Portugal ont pu compter sur le soutien de la Lituanie et de la Pologne, d’autres États membres, comme le Royaume-Uni ou la Suède, ont estimé en revanche que de telles mesures seraient même « inefficaces » et ont encouragé la Commission à « continuer à suivre de près la situation sur le marché du lait et des produits laitiers ».

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