Les passes d’armes qui sévissent dans la filière laitière ne doivent pas faire illusion. C’est bien la main dans la main que l’agriculture et l’industrie agroalimentaire doivent concevoir leur avenir. Les débouchés de l’une ne vont pas sans la bonne santé de l’autre. Les agriculteurs devraient notamment être très attentifs à l’état de santé des industriels qui court le risque de se détériorer si l’on en croît l’analyse de Groupama Assurance Crédit. À l’inverse, les industriels devraient se manifester lorsqu’il est question de venir en aide à une production en difficulté comme l’élevage extensif notamment. Il n’y aura pas, en particulier, de redressement de la production ovine sans une filière d’abattage et de transformation qui s’y intéresse, y investit et y gagne de l’argent.
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Le cas du lait est tout aussi évident. À force de vouloir faire baisser les prix payés aux éleveurs, certains industriels comme Entremont courent le risque de voir leur nombre se réduire drastiquement. Le pronostic émis naguère par Jean Le Vourch ancien patron du groupe Even, d’avoir 50 000 producteurs de lait en France (contre plus de 75 000 encore aujourd’hui) pourrait bien se réaliser prochainement alors que personne n’y croyait à l’époque. Sur le long terme l’industrie laitière n’a rien à y gagner. Mais il est vrai qu’Entremont regarde moins le long terme que, sans doute, la demande de son actionnaire principal Albert Frères désireux de réduire sa participation au meilleur prix ce qui implique de bons résultats sur au moins deux années. Le court terme peut dissocier les intérêts des uns et des autres. Mais sur le long terme ils sont condamnés à travailler ensemble.