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UE/Vins d’origine Maintenir une régulation spécifique pour le vin dans la Pac post-2013

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« La disparition brutale de tout encadrement de la production risque de provoquer des crises de surproduction, des chutes de prix et la remise en cause des efforts qualitatifs réalisés par les producteurs ». C’est l’avertissement que vient de lancer la Fédération européenne des vins d’origine (Efow) à quelques semaines de la présentation d’une communication sur la réforme de la Pac par la Commission européenne. Efow réclame en conséquence la mise en place d’un instrument de régulation de la production pour l’ensemble de la viticulture.

Dans la perspective de la publication le 17 novembre d’une communication de la Commission européenne sur la Pac post-2013, la Fédération européenne des vins d’origine (Efow) déclare que « l’objectif principal de la politique agricole commune (PAC) doit rester la production de denrées alimentaires de qualité pour les consommateurs et le maintien de revenus adéquats pour les agriculteurs ». Elle insiste sur le fait que les spécificités de la viticulture européenne, très tournée sur les vins d’origine, soient maintenues dans la future Pac post-2013. Pour Ricci Curbastro, le président d’Efow, « le vin dispose de toute une série de dispositions budgétaires et réglementaires particulières qu’il faut préserver ». Il ajoute que « le vin est le produit agricole le plus réglementé. Sa législation couvre l’étiquetage, les pratiques œnologiques, la commercialisation, la promotion, etc. », un ensemble d’éléments qui, à ses yeux, « contribuent au développement équilibré du secteur ». Le patron d’Efow rappelle qu’aujourd’hui, le secteur du vitivinicole dispose d’un outil de gestion légalement reconnu : les droits de plantation et leur abolition planifiée pour 2015, risque d’aboutir « à un doublement des surfaces plantées et à une possible crise de surproduction ». Il estime donc que le secteur doit pouvoir gérer la production afin de sauvegarder et promouvoir les produits de qualité.

Un outil pour prévenir les crises
Les professionnels du vin de qualité aiment à rappeler que sur la base des expériences des producteurs, il est apparu que la gestion de la qualité des Indications Géographiques Protégées (IGP) au travers du respect des cahiers des charges et de la protection contre les usurpations, s’est avérée insuffisante pour le développement des IG et que dès lors le secteur a besoin d’autres outils qui permettraient de gérer la quantité produite afin de satisfaire au mieux la demande du marché.
Ils ajoutent que lorsque sur le plan financier les producteurs subissent des pressions importantes, il y a de fortes chances que la qualité du produit final s’en fasse ressentir. Raison pour laquelle, selon eux, « il est impératif de prévenir les crises et dans cette optique la gestion de la production peut largement y contribuer. Ils citent volontiers l’exemple de la Champagne où, disent-ils, « la maîtrise du potentiel de production n’a pas eu d’impact négatif sur le prix pour les consommateurs ». Selon eux, « au cours des trente dernières années, le prix des bouteilles de Champagne n’a augmenté en moyenne que de 0,30% par an ». A leurs yeux, la régulation de la production « n’aurait pas un objectif spéculatif mais viserait tout simplement à soutenir le développement des indications géographiques ». Last but not least, les promoteurs des vins d’origine considèrent que la PAC à partir de 2015 doit permettre de répondre « aux aléas naturels et à la forte volatilité des marchés et prévenir les crises néfastes pour les différents secteurs et pour le budget européen ».

Un secteur spécifique
La Fédération européenne des vins d’origine souligne que l’Union européenne est « le premier producteur (66,7 % de la production mondiale en 2008, ndlr), consommateur (66 % de la consommation mondiale) et exportateur (69,3 % des exportations mondiales) de vins au monde » et que les vins d’origine représentent une part considérable dans la balance commerciale de nombreux Etats membres. « Notre modèle répond pleinement aux attentes des consommateurs: qualité et traçabilité des produits, préservation de la biodiversité et développement des économies locales », souligne son président Riccardo Ricci Curbastro. Selon lui, « ces spécificités de la viticulture européenne doivent être maintenues dans la future Pac ».

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