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Campagne 2011/2012 Maïs : la France compétitive à l’export vers les pays tiers

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La récolte 2011 de maïs grain français devrait s’établir sur un niveau correct de 14Mt en 2011, selon les estimations faites en septembre par FranceAgriMer, contre 13,8Mt en 2010, soit une hausse de 1,4%. Les débouchés pour les maïs français ne devraient pas manquer, compte tenu de prix élevés qui rendent les origines européennes plus compétitives que les américaines sur des destinations comme le Maghreb. De plus, actuellement, les prix français à l’arrivée chez les importateurs sont équivalents à ceux pratiqués par l’Ukraine. Ceci est lié aux taxes à l’exportation de produits agricoles imposées par le gouvernement ukrainien. Si Kiev comptait lever ces ponctions au 1er janvier 2012, elles pourraient être maintenues pendant un an supplémentaire. Une situation atypique, pour une campagne de commercialisation qui promet d’être dynamique.

«Les maïs européens, dont la production devrait être bonne, seront plus compétitifs que ceux en provenance des Etats-Unis », indique François Luguenot, responsable des analyses de marché chez InVivo. Selon lui, l'Union européenne pourrait exporter 3 à 4 Mt de maïs lors de la campagne 2011/2012. D’ailleurs, une demande toujours soutenue en maïs de la part du Maghreb pour les élevages de volailles devrait soutenir cette tendance. Mais François Luguenot prévient : « L'arrivée du maïs ukrainien sur le marché pourrait freiner les débouchés pour les productions européennes ».

Profiter des taxes ukrainiennes pour exporter

Les taxes actuellement pratiquées sur les exportations de produits agricoles ukrainiens pourraient décaler l'arrivée des productions d’orge, de maïs et de blé du pays sur le marché mondial. D’abord prévues pour être levées au 1er janvier 2012, les taxes ukrainiennes pourraient être prolongées un an de plus. Cependant, des capacités de stockage limitées en Ukraine devraient pousser les opérateurs à exporter quoi qu'il en soit, surtout si les taxes à l'exportation sont prolongées. Mais «l'Union européenne pourrait être exportatrice nette de maïs sur la campagne 2011/2012, ce qui constitue une situation rare », souligne tout de même François Luguenot. Selon lui, tant que les taxes sont maintenues en Ukraine, les productions d'orge et de maïs du pays voient leur compétitivité limitée. « Les prix de ces productions à l'export sont au même prix que les céréales françaises », souligne Julien Thierry, consultant sur les marchés des céréales et oléagineux chez Agritel. Pour le maïs, il est pour le moment difficile d'établir un bilan français, mais, selon Clément Gauthier, analyste matière première chez Horizon soft commodities, les disponibilités pour des exportations vers pays tiers sont d'ores et déjà estimées entre 300 et 400 000t.

Une situation tendue sur le marché mondial

« Les maïs français devraient trouver de bons débouchés vers le Maghreb », indique Clément Gauthier. « Le sud de la Méditerranée est un gros consommateur de maïs pour les productions de volailles notamment, où il est difficile de remplacer cette céréale », explique Jean-Pierre Langlois-Berthelot, président de France Export céréales. Selon lui, ceci pourrait offrir des opportunités d’exportations pour les maïs français. Il souligne d’ailleurs que « quelques contrats seraient déjà signés pour expédier du maïs français vers l’Algérie ou le Maroc ». Mais il tempère en expliquant que l’acteur mondial majeur reste les Etats-Unis, avec une capacité d’exportation de 40 à 45Mt de maïs. « L’Ukraine devrait avoir une importante récolte, et, malgré les taxes, les besoins en trésorerie des producteurs et exportateurs pourraient les obliger à ne pas trop attendre pour écouler leurs céréales », analyse Jean-Pierre Langlois-Berthelot. Si l’on ajoute à ces contraintes celles de capacités de stockage et de séchage limitées, et d’une logistique fragile en Ukraine l’hiver, les conditions sont réunies pour que les Ukrainiens exportent le plus tôt possible malgré les taxes. Enfin, concernant le remplacement du maïs dans les rations en alimentation animale, s’il est clair que le blé verra son incorporation progresser au détriment d’autres céréales, le récent reflux du maïs pourrait amoindrir ce phénomène. Les évolutions devraient donc se faire au gré des cours.

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