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Sud-Ouest Maïsadour renforce son développement dans ses filières amont

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Après avoir beaucoup communiqué sur ses investissements en aval de la production, Maïsadour se tourne vers son amont. Le groupe coopératif du Sud-Ouest prépare la construction d’une usine de semences en Ukraine. Et il compte réunir son activité alimentation animale avec celles des coopératives Vivadour et Gascoval pour créer Sud-Ouest Aliment.

Retour aux origines ? Après avoir très fortement investit dans son aval, via la reprise de Campofrio - Montagne noire en 2007 ou plus récemment celle de la société Muller, Maïsadour réinvestit dans son amont. « 50 % de notre chiffre d’affaires vient de l’aval et 50 % de l’amont, a indiqué Thierry Blandinières, directeur général du groupe, lors d’une conférence de presse organisée près de Bordeaux le 2 octobre. Maïsadour est un groupe bien équilibré ». Pour les mois à venir, la coopérative a deux dossiers sur le feu : une usine de semences en Ukraine et la création de Sud-Ouest Aliment.

Profiter du potentiel des pays de l’Est

Filiale à 100 % de la maison mère, Maïsadour semences fait aujourd’hui 70 % de son chiffre d’affaires à l’international, contre 30 % voici 5 ans. Pour Michel Prugues, président du groupe, « il faut être présent sur ces marchés » de l’est de l’Europe. Cette zone représente un potentiel de 12 millions d’hectares de maïs. Autant que l’Europe de l’Ouest. En tournesol, le marché avoisine également les 12 millions d’hectares, un marché quatre fois plus important que celui de l’Europe de l’Ouest. Après s’être installé en Hongrie au tout début des années 2000 puis en Roumanie voici cinq ans, les semenciers occidentaux se tournent vers l’Ukraine, comme Euralis qui s’est lancé dans la construction d’une usine voici un an et demi.

Augmenter la production de semences de 50 %

Jusqu’à présent, Maïsadour semences vendait dans ce pays quelques dizaines de milliers de doses de semences de maïs issues de sa génétique et usinées sur place via des prestations de service. Sa nouvelle usine devrait permettre à terme à la société de vendre un million de doses par an sur la zone, à 80 % du maïs, à 20 % du colza et du tournesol. Un objectif ambitieux au regard des 2 millions de doses commercialisées aujourd’hui par la filiale. Les premières semences devraient vraisemblablement sortir pour la campagne de production 2010. La société ne veut pas chiffrer son investissement total, réparti en quatre tranches. Evalué à 20 millions d’euros, le budget de la première sera probablement le plus lourd. Pour une société dont les investissements annuels se montent en moyenne à 1 million d’euros, il est en tout cas énorme.

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Une usine dédiée à l’est de l’Union

Pour le moment, Maïsadour semences a obtenu un bail de 49 ans pour un terrain sur lequel elle va reconstruire des bâtiments abritant des installations entièrement neuves. L’entreprise, qui prépare ce projet depuis quatre ans, a commencé par travailler sur la commercialisation des semences. Mais elle a aussi avancé sur le plan technique. Son réseau d’agriculteurs multiplicateurs devrait regrouper des exploitations de 2 000 à 3 000 hectares. « Nous estimons que la productivité sera deux fois moins grande, mais la main d’œuvre deux fois moins cher, a signalé Jean-Frédéric Cuny, directeur de production chez Maïsadour semences. Au total, nous ne ferons pas d’économie ». L’affaire doit être rentable puisque les semences se vendent aujourd’hui presque aussi cher à l’Ouest qu’à l’Est de l’Europe. La production de l’usine servira exclusivement à alimenter la zone. Les semences n’auraient de toute façon pas le droit de franchir la frontière vers l’Union.

Des activités d’alimentation animale regroupées

En ce qui concerne le dossier alimentation animale, Maïsadour, Vivadour et Gascoval doivent entériner le 10 novembre la création de Sud-Ouest Aliment, société que les trois entreprises détiendront respectivement à 70,5 %, 21 % et 6 %. Il s’agit pour les coopératives de mettre en commun leurs activités en nutrition animale, soit 5 sites de production et 6 usines. La société Nutricia, spécialisée dans les services transversaux, que détenait Maïsadour est incluse dans le dispositif. « Nous voulons augmenter notre puissance d’achat, rationaliser les sites de fabrication et diminuer le nombre de référence », a précisé Jean-Louis Zwick, qui prend la tête de la société après avoir dirigé le pôle nutrition animale de Maïsadour. Le dirigeant mise sur 500 000 à 700 000 euros d’économie.

D’un point de vue global, le groupe Maïsadour se porte en tout cas plutôt bien. Pour son exercice 2007/2008, il enregistre un résultat net de 13 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 880 millions d’euros contre 540 millions d’euros 3 ans plus tôt.