La coopérative du Sud-Ouest présente dans le végétal et l’animal stabilise son chiffre d’affaires, renforce sa rentabilité et fusionne avec la coopérative Périgord Aviculture. Elle continue de se délester de certaines activités : après l’usine Delmas de Boulogne-sur-Mer, elle va céder ses magasins Gamm Vert à InVivo.
Après un exercice 2016-2017 en forme de rémission, marqué par une légère amélioration de sa rentabilité, Maïsadour est en voie de guérison. “Le résultat continue de s’améliorer”, explique sobrement le directeur général Philippe Carré à l’occasion de la présentation des résultats de l’exercice décalé clos au 30 juin 2018. Les voyants sont en effet clairement repassés au vert : l’EBE est en hausse de 34% à 52,7 millions d’euros (4% du chiffre d'affaires consolidé) et le résultat net est multiplié par 2 à 9,7 millions d’euros. Le chiffre d’affaires est stable à 1,312 milliard d’euros (1,336 milliard en 2016-2017).
Pour expliquer cette performance, Philippe Carré avance plusieurs explications : l’absence d’influenza aviaire, qui avait durement marqué les deux précédents exercices, les mesure de biosécurité qui ont fonctionné et permis de bloquer toute propagation du virus. “C’est le résultat de nos investissements dans ce domaine : 3 millions d’euros de la part de la coopérative et 8 millions de la part des adhérents”, souligne le DG. La coopérative a aussi éliminé un foyer de perte : l’usine de transformation de poisson Delmas de Boulogne-sur-Mer, cédée à un groupe islandais. Le marché du foie gras et du saumon, deux marchés sur lesquels la coopérative est présente à travers Delpeyrat, s’est redressé. Et pour le pôle végétal, les performances en Ukraine et en Russie ont été très satisfaisantes, selon Maïsadour.
Les Gamm Vert cédés à InVivo
Les efforts pour redresser l’entreprise ne s’arrêtent pas pour autant. Ainsi, Philippe Carré a-t-il annoncé la cession de 29 magasins Gamm Vert à InVivo, son master franchiseur. “L’activité de distribution était rentable grâce à l'alimentation des animaux domestique, mais le marché est désormais capté par le e-commerce, et puis nous n’avions pas la taille critique pour rentabiliser nos magasins”, explique le dirigeant. En revanche, InVivo est en cours de constitution d’un pôle de distribution important avec la reprise d’autres groupes de magasins Gamm Vert et l’acquisition de Jardiland. Ces magasins représentent un chiffre d’affaires d’environ 50 millions d’euros par an. “Tous les salariés sont repris par InVivo”, tient à souligner Philippe Carré. La finalisation, prévue pour le printemps 2019, est soumise au feu vert de l’Autorité de la concurrence.
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Autre annonce : la fusion avec la coopérative Périgord Aviculture, spécialisée dans l’élevage de volailles fermières, et qui était fournisseur de Maïsadour. Cette coopérative élève 3 millions de poulets chaque année, ce qui hisse désormais le nouvel ensemble à 15 millions de bêtes (numéro 2 des volailles label), et a réalisé, en 2017-2018, 18,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Périgord Aviculture apporte une IGP supplémentaire à Maïsadour : l'IGP volaille du Périgord. Et un deuxième bassin de production, après celui des Landes.
Nouveaux objectifs pour 2019
La coopérative présidée par Michel Prugue voit désormais l’avenir avec un peu plus de confiance. “Nous passons d’un fonctionnement en mode pompier à un fonctionnement en mode développeur”, se plaît à résumer Philippe Carré, qui a profité de l'assemblée générale pour dévoiler une nouvelle identité graphique pour le groupe coopératif, assortie d'une nouvelle signature : notre culture, votre bien-vivre. C’est pourquoi elle lance une nouvelle "feuille de route stratégique" avec un horizon à 8 ans (contre 3 ans précédemment) sobrement baptisée Maïsadour 2026. Parmi les axes phares : remettre l’adhérent au centre de la stratégie en améliorant son accompagnement vers une performance accrue de son exploitation; s’adapter à la demande du consommateur pour plus de bio, plus de labels, plus de e-commerce; miser sur “l’international choisi” comme relais de croissance, en mettant l’accent sur des zones phares comme l’Europe de l’Est pour les semences, le Japon et l’Espagne pour le foie gras ou encore l’Europe limitrophe pour le poulet et les salaisons; et enfin, améliorer l’organisation interne.