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Mal-être agricole : forte hausse des signalements

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À l’occasion d’une table ronde au Salon de l’agriculture, la MSA a fait le point sur la dernière année de son plan de prévention du mal-être agricole, marqué l’an dernier par une forte hausse des signalements, mais souvent moins graves.

Le 26 février, la MSA a dévoilé les derniers chiffres de son programme de prévention du mal-être agricole en 2025, qui est dans dernière année avant le prochain. Il est à noter une augmentation des signalements de 41 % entre 2024 et 2025, avec une moyenne mensuelle de 680 signalements. La MSA a accompagné 89 % des situations, le reste étant assuré par des partenaires. « Après une hausse de 30 % l’an dernier, cela montre la réalité du mal-être agricole. Mais cela souligne aussi l’important travail mené dans la détection des cas et la levée du tabou autour du sujet depuis cinq ans », analyse Magalie Rascle, directrice déléguée aux politiques sociales de la CCMSA.

En 2025, plus d’un millier d’acteurs ont été formés aux premiers secours en santé mentale et 3 500 autres à la prévention du mal-être. Cela passe aussi par le renforcement continu du réseau des « sentinelles agricoles », qui sont 10 500 en 2025, soit deux fois plus qu’en 2023. La plateforme d’accompagnement Agri’Ecoute a enregistré 4 230 appels en 2025 (contre 3 400 en 2024, soit + 16 % depuis 2021). « On note une évolution des pratiques avec un usage plus en amont de la crise. Nous avons eu moins de situations graves à traiter », se félicite Magalie Rascle. Pour le président de la CMSA, Jean-François Fruttero, c’est le caractère unique de guichet unique permet d’ « être une partie de la solution. Même si l’on nous voit parfois comme simple collecteur de cotisations, la réalité est que nous portons un regard attentif et actif sur ce problème profond »

Plan interministériel : famille et France Services

Saluant le travail de la MSA depuis quinze ans, Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel du Plan de prévention du mal-être en agriculture, a plaidé pour une détection « le plus en amont possible sur les situations de mal-être ». Concernant la mise en œuvre du plan interministériel en 2026, il a concédé « des trous dans la raquette », principalement concernant le suivi des familles : « On aidait bien sûr le chef d’exploitation et les salariés et le conjoint ou la conjointe. Par contre, les grands-parents et les enfants, on les avait un peu oubliés. » Ce sera un des axes développés.

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Par ailleurs, la lettre de mission des ministères du Travail et de l’Agriculture dont Agra Presse a eu copie, indique un « renforcement de l’opérationnalité de la mission de coordination », en particulier grâce à des liens plus étroit avec les Maisons France Services afin d’offrir davantage de points de contacts aux agriculteurs en demande. Il est aussi évoqué le renforcement du pilotage départemental en systématisant la nomination d’un binôme issu des réseaux des DDT, de la MSA ou des chambres d’agriculture, déjà expérimenté.

PG

Le tabou se lève progressivement sur le mal-être