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Mal-être agricole : vers un plan de prévention à cinq ans

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Le coordinateur du plan contre le mal-être en agriculture, Olivier Damaisin rapporte le souhait du gouvernement de bâtir une nouvelle mouture pour les cinq ans à venir. La MSA a déjà atteint le nombre de 5 000 « sentinelles » prévu au niveau national, malgré des difficultés de déploiement dans certaines régions.

Présent lors d’une journée organisée par la FNSEA sur mal-être agricole le 18 juin, Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel du Plan prévention mal-être en agriculture a indiqué qu’une réunion interministérielle (Rim) s’était tenue le 14 juin, durant laquelle a été actée la nécessaire mise à jour de la feuille de route de 2021, à la suite des manifestations agricoles de cet hiver. « Ce qui a été positif dans cette réunion, c’est qu’il m’a été demandé, qu’il nous a été demandé ensemble, de bâtir un plan pour les cinq prochaines années, une projection avec des propositions », a-t-il livré à l’assistance. Lors de cette réunion, il a aussi plaidé pour des moyens supplémentaires afin que la MSA et les chambres d’agricultures aient « plus de volant » dans la mise en œuvre. Et d’indiquer que les coordinateurs départementaux, nommés par les préfets, émanaient à 65 % de la DDT (préfectures), 30 % de la MSA et 5 % des chambres d’agriculture, ce qu’il estime être « un loupé ». « Il fallait plus impliquer la MSA et les CA qui connaissent mieux le terrain, ont plus de relationnel avec lui, que les services de l’État », selon lui. D’une manière générale, le coordinateur interministériel tient à ce que le sujet du mal-être agricole demeure à l’avenir transpartisan.

Une répartition hétérogène des Sentinelles

Cette journée a aussi permis de faire le point sur le dispositif Sentinelle développé par la MSA et les caisses générales de sécurité sociale. Au 31 décembre 2023, 5 089 « sentinelles " maillaient le territoire, ce qui concorde avec la feuille de route interministérielle sur la prévention du mal-être agricole de 2021. À cette occasion, Magalie Rascle, directrice déléguée aux politiques sociales de la CCMSA, a rappelé le plan d’action présenté le 30 avril au comité national interministériel du plan de prévention du mal-être afin de renforcer le dispositif. Celui-ci prévoit le redéploiement de moyens internes (création d’une équipe dédiée au sein de la CCMSA) et aussi financiers (fonds national d’action sanitaire et social et le fonds national de prévention).

Une des actions est la récente création d’une aide au répit administratif. L’objectif est de muscler la prévention, la plus amont possible, et le signalement, mais aussi, assister les sentinelles dans leur mission (par exemple en relançant agri-écoute qui leur est destiné). « L’enjeu ici est celui du décloisonnement – entre compétences, entre institutions, entre ministères – pour un sujet qui parfois n’est pas facilement identifiable », a expliqué Magalie Rascle.

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Ce plan d’action se base sur une étude qualitative de février 2024 commandée à BVA par la MSA. Elle souligne un déploiement hétérogène des sentinelles dans le pays : très forte représentation sur l’arc Ouest du pays (Bretagne, Pays de la Loire, nord de la Nouvelle-Aquitaine), Sud-Est relativement bien représenté comme la Picardie mais présence moins prégnante dans le centre du pays ou l’Est. Plusieurs raisons expliquent cette situation. « Cela tient aux liens plus ou moins étroits et historiques entretenus avec les ARS. Il faut aussi compter avec la disponibilité des formateurs et le vivier de personnes selon les régions », a expliqué Frédérique Jacquet-Libaude, responsable du département « Instances et Pilotage » à la MSA.

L’étude relève des difficultés à faire former les formateurs mais aussi à recruter des Sentinelles prêtes à s’engager : « Des formateurs externes se disent très intéressés mais ils connaissent peu le milieu agricole. » Le déploiement de formations complémentaires (comme « Premier secours en santé mentale »/PSSM) et des liens resserrés avec les acteurs locaux (partage de bonnes pratiques, harmonisation documentaire, centralisation de signalement…) sont ainsi préconisés.

Une des actions est la récente création d’une aide au répit administratif