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Manifestations Malgré la suspension de l’écotaxe, la grogne gagne d’autres régions

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En dépit de l’annonce de la suspension de l’écotaxe, la situation ne s’est pas calmée. Bien au contraire, d’autres régions semblent gagnées par les mouvements de colère des agriculteurs, conjointement avec d’autres professions, contre l’écotaxe mais aussi leur situation en général. Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, qui s’était initialement prononcé pour une suspension du projet fiscal a demandé, le 7 novembre, une exonération générale des filières agricoles, agroalimentaires et d’agrofournitures. Le 8 novembre, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll devait se rendre en Bretagne pour rencontrer les professionnels de la région.

Le ministère des Transports a annoncé le 7 novembre que six bornes et quatre portiques destinés au contrôle et à la collecte de l’écotaxe avaient été détruits depuis le début de la contestation, des sources policières ajoutant qu’une quinzaine de radars automatiques avaient aussi été détruits. Si les portiques se situaient en Bretagne, les bornes semblaient celles d’autres régions. Un équipement a également été incendié en Lot-et-Garonne. Au micro de la radio Europe 1, le même jour, le président de la FNSEA estimait que le mécontentement émergeait vivement dans les régions Paca (Provence-Alpes-Côte-d’Azur), Languedoc-Roussillon, Lorraine, Nord ou Centre. « Je ne soutiens pas la violence », affirmait-il : « Si nous ouvrons les discussions (avec les pouvoirs publics) il faut savoir mettre un terme à la violence ». Le président de la FNSEA, après avoir demandé quelques jours auparavant la suspension de l’écotaxe, demandait son exonération pour les filières de l’agriculture, l’agrofourniture et l’agroalimentaire. « On a besoin d’apaisement, de sérénité, de perspectives », dit-il. Sur le terrain, bon nombre de manifestations semblaient se profiler pour les jours suivants, mêlant agriculteurs et autres métiers, protestations contre l’écotaxe ou contre la situation difficile actuelle.
 
Pas de restitutions
De son côté, le ministre de l’Agriculture devait se rendre en Bretagne pour rencontrer les professionnels et élus de la région à propos du « Pacte » pour la Bretagne. Il avait obtenu, quelques jours avant, le principe d’une rencontre entre la filière du poulet export et le commissaire à l’agriculture de l’UE Dacian Ciolos, le 22 novembre, afin d’évoquer la question des subventions à l’export. Mais celui-ci a répondu par avance qu’il n’est pas question de rétablir ces restitutions.
 
Le pacte pour la Bretagne
Au conseil des ministres du 6 novembre, le Premier ministre a évoqué ce pacte. L’objectif est notamment d’aboutir à un plan pour l’agriculture et l’agroalimentaire, en cours de construction avec les acteurs économiques concernés. Selon le communiqué de l’Élysée, « il débouchera prochainement sur des mesures adaptées dans les domaines jugés prioritaires comme la modernisation des bâtiments agricoles, le développement de la recherche-innovation dans les industries agroalimentaires, l’anticipation des mutations économiques dans ces filières, ou encore l’amélioration de l’adéquation entre produits et marches ». L’objectif est de « restaurer la compétitivité structurelle du secteur, notamment en matière de performance économique et environnementale. » Par ailleurs, les discussions ont démarré à Rennes sur l’avenir de la région tandis qu’à Paris la justice a ouvert une enquête préliminaire sur les conditions d’attribution, par le gouvernement de François Fillon, du contrat liant l’Etat à Ecomouv’, chargée de collecter l’écotaxe.

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