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Maltivor travaille sur l'amélioration du process de séchage des drêches de brasserie

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Les fondactrices de Maltivor, Lola Bonnin (à droite) et Gabrielle Hugon travaillent à partir de drêches de brasserie Crédits : © Maltivor

Maltivor, spécialiste de la transformation de co-produits issus de la production de bière en farine vient de lever 800 000 euros. Ces fonds sont destinés à accélérer sa R&D, et notamment le process technologique sur la partie séchage des drêches.

Maltivor, start-up créée en 2018 par Lola Bonnin, rejointe rapidement par Gabrielle Hugon, vient de lever 800 000 euros auprès de Demeter, via le Fonds d’Amorçage Industriel Métropolitain (FAIM) Lyon/Saint-Etienne. Ces fonds serviront à accélérer la R&D de ce spécialiste de la transformation de co-produits issus de la production de bière. Aujourd’hui Maltivor est surtout connu pour sa farine de drêches, un ingrédient riches en fibres, protéines, minéraux et pauvres en gluten, que les industriels de l’agroalimentaire peuvent intégrer dans leurs produits, afin d’améliorer leur qualité nutritionnelle tout en participant à un projet durable.

Maltivor qui a fait la preuve du concept pour arriver à l’ingrédient voulu, veut améliorer son process technologique sur la partie séchage des drêches, qui se fait actuellement de façon soit mécanique soit thermique. Lors de la récupération chez les brasseurs, ce co-produit issu de la première étape de brassage, et non seulement chaud mais contient aussi jusqu’à 80 à 90% d’humidité. « Nous cherchons à mettre au point un process moins énergivore que les technologies habituelles, plus adapté à la drêche qui se dégrade rapidement et doit donc être traitée dans la journée et surtout qui ne dénature pas le produit, sachant qu’en dessous de 100 degrés, les protéines se conservent », précise Lola Bonnin. Maltivor travaille donc à l’amélioration de ce process avec son pôle R&D et un cabinet d’ingénierie externe.

La société compte construire son premier site utilisant cette nouvelle technologie en 2024 dans la région lyonnaise, où elle est implantée depuis sa création. « C’est sur la base de ce nouveau site que nous pourrons dupliquer ensuite le modèle autour des différents bassins brassicoles sur le territoire, explique encore Lola Bonnin. Ce site aura une capacité de 500 tonnes par an, soit cinq fois supérieur à ce que produit Maltivor aujourd’hui ».

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Une autre levée de fonds à venir

Le financement de ces développements nécessitera une levée de fonds pour un montant qui sera définitivement arrêté une fois abouties les recherches en cours sur le nouveau process technologique. « Nous avons déjà commencé à prendre des contacts avec des fonds d’investissement à impact et d'autres tournés vers les protéines », souligne Lola Bonnin, qui compte boucler ce financement en début d’année prochaine.

En parallèle, Maltivor travaille également au développement d’un process d’extraction des protéines plus « vert » que ceux existants, avec l’aide d’un laboratoire externe. Et la société continue également ses collaborations avec des industriels pour les aider à développer des produits finis utilisant les particularités de son ingrédient et ainsi mieux le faire connaitre auprès des consommateurs. Une pâte à tartiner particulièrement riche en protéines à destination des sportifs est notamment en cours de développement avec le chocolatier Valrhona (Groupe Savencia).

Aujourd’hui Maltivor récupère les drêches directement chez les brasseurs, leur évitant ainsi d’avoir à retraiter leurs déchets. Le brasseur Ninkazi a calculé qu’il économisait 100 000 euros par an grâce à sa collaboration avec Maltivor.