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Maltraitance animale : L214 épingle un nouvel abattoir dans la Loire

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Après avoir révélé des maltraitances dans l’abattoir public de Charlieu (Loire), L214 a annoncé porter plainte contre la structure, mais aussi contre la préfecture, qui n’a pas fermé l’usine.

Dans un communiqué du 25 avril, L214 indique que « la préfecture de la Loire a annoncé ne pas fermer l’abattoir » de Charlieu, où l’association avait révélé des maltraitances animales la veille. L’ONG appelle à « un rassemblement le 30 avril » à Saint-Étienne, et annonce qu’elle « entame un recours en responsabilité contre l’État pour manquements à sa mission de contrôle vétérinaire à l’abattoir de Charlieu, auprès du tribunal administratif de Lyon ». « Les services vétérinaires de la préfecture sont les premiers responsables des dysfonctionnements de cet abattoir », estime L214. Par ailleurs, les autorités ont suspendu un salarié de l’abattoir, affirme encore l’association abolitionniste, qui dénonce une décision « irresponsable et injuste ».

Le 23 avril, la préfecture de la Loire avait annoncé qu'elle allait diligenter des « investigations administratives approfondies » après le dépôt d'une plainte contre l'abattoir public multi-espèces de Charlieu pour « cruauté envers les animaux » par L214. L'association abolitionniste avait dénoncé, le même jour dans un communiqué, des « conditions d'abattage déplorables des animaux », relevant de la « maltraitance animale » et de « graves non-conformités », selon elle. La plainte de l’ONG pour « cruauté, sévices graves et mauvais traitements », a été enregistrée au tribunal de Roanne, a confirmé ce dernier à l'AFP.

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« Égorgés conscients malgré l’étourdissement »

Dans une série de vidéos « immersives » filmées entre « janvier et avril » et consultées par l'AFP, L214 montre des animaux « égorgés conscients malgré l’étourdissement préalable » ou « frappés par des opérateurs » ainsi que des « moutons découpés encore vivants ». L'association soutient que la viande produite dans cet abattoir est distribuée dans les circuits de distribution standard, bio et Label rouge, et notamment servie dans des écoles et des crèches.

Réagissant de leur côté, six ONG de protection animale réformistes (1), membres du Comité national d’éthique des abattoirs, appellent la ministre de l’Agriculture à « renouveler une inspection généralisée » sur le respect de la protection animale dans les abattoirs, comme l’avait ordonné Stéphane Le Foll en 2016. « Ce scénario se répète invariablement depuis plusieurs années et les animaux subissent d’insupportables souffrances en raison de mauvaises pratiques qui perdurent », pointent les associations dans une lettre ouverte du 25 avril.

Six ONG appellent à « une inspection généralisée » des abattoirs