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Landes Manifestation contre la « mesure de diversité des cultures »

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De 400 à 600 agriculteurs membres de la FDSEA et des JA ont manifesté le 5 décembre devant la préfecture des Landes à Mont-de-Marsan, pour protester contre un volet de la nouvelle réforme de la Pac sur la diversité des cultures qu’ils contestent.

Après avoir parcouru sur leurs tracteurs le centre-ville de Mont-de-Marsan, les 400 agriculteurs selon la police, 600 selon les organisateurs, venus en tracteurs des Landes et des départements limitrophes et accompagnés d’animaux de la ferme, ont déversé du fumier, fait brûler de la paille et projeté des œufs et des palmipèdes surgelés devant et dans la cour de la préfecture.
Le portail d’honneur, endommagé durant la manifestation, est « hors d’usage » selon la préfecture. Reçus par le préfet, les représentants syndicaux se sont dits « inquiets mais mobilisés » après 45 minutes d’entrevue. « Nous clamons haut et fort que nous sommes favorables à un meilleur respect de l’environnement et soucieux de la qualité de nos produits » mais « nous sommes inquiets sur la mesure dite de diversité des cultures qui entend supprimer des surfaces de maïs », a indiqué à l’AFP Christophe Barailh, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Landes.
Or, « le maïs assure la meilleure marge de nos exploitations et c’est la principale nourriture de nos animaux granivores », a-t-il souligné, en ajoutant qu’il faut « laisser aux agriculteurs la liberté de créer de la valeur ajoutée ».
La FDSEA et les JA ont dit attendre « une position claire du ministre », Stéphane Le Foll, lors du Conseil supérieur d’orientation agricole où il présentera les souhaits français pour la future PAC, le 17 décembre.
 
Le Modef met en avant les avantages de la diversification
Le Modef des Landes réagit dans un communiqué du 4 décembre, affirmant que la FDSEA « se trompe de cible » et « défend les intérêts des grands céréaliers en occultant les avantages de la diversification des cultures pour les éleveurs ». Basant son argumentaire sur l’agronomie, le Modef explique que cultiver plusieurs plantes ouvrirait de nouvelles périodes pour épandre les effluents, notamment dans les zones dites vulnérables, que « l’intérêt économique de produire uniquement du maïs n’est pas si évident », puisque « sur les 10 dernières années, les marges en maïs sec ont été négatives quasiment une année sur deux », et qu’une rotation pertinente des cultures permet de faire des économies en fertilisation et en produits phytosanitaires. Le Modef rappelle aux agriculteurs qui exploitent moins de 52 hectares, soit 75 % des exploitations des Landes, que la FNSEA s’est opposée à la majoration des aides pour les 52 premiers hectares, essayant de « saboter l’occasion de mieux répartir les aides Pac ».

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