Les trois principaux syndicats agricoles espagnols – ASAJA, COAG et UPA – ont lancé fin janvier une mobilisation unitaire exceptionnelle. « Le déséquilibre de la chaîne agroalimentaire fait que la grande distribution et les industriels sont peu nombreux et puissants face à des agriculteurs nombreux et faibles », ont écrit les trois syndicats, dénonçant « des pratiques commerciales abusives et déloyales ». Depuis, les manifestations se multiplient, dans différentes régions : Galice, Aragon, Pays basque, Estrémadure, Rioja, Andalousie, Castille-et-Léon…
Pour le plus grand syndicat agricole, Asaja, classé à droite, la nouvelle augmentation du salaire minimum interprofessionnel (SMI) annoncée par le gouvernement pour 2020, après le bond de 22 % de 2019, était « la goutte qui fait déborder le vase ». Tous les syndicats sont à l’unisson pour dénoncer « la grave situation de manque de rentabilité » des exploitations, « les prix bas » offerts aux producteurs et l’augmentation des coûts de production.
Pour Asaja, le producteur « n’a aucun pouvoir de négociation par rapport à ce qu’il vend » et la grande distribution profite de cette situation. « Les règles du jeu doivent changer parce que nous, les agriculteurs et éleveurs, n’en pouvons plus », renchérit le secrétaire général d’UPA (Union des petits agriculteurs), Lorenzo Ramos, dans un communiqué du 31 janvier.
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Le gouvernement espagnol s’est empressé de lancer un dialogue avec les agriculteurs. « L’immense classe moyenne de l’agriculture et de l’élevage espagnol a besoin du soutien des prix et de la Pac (Politique agricole commune de l’Union européenne, ndlr) pour survivre », estime le ministre de l’Agriculture espagnol, Luis Planas, le 5 février. Son ministère promet des « actions de soutien aux secteurs les plus affectés », comme ceux des fruits et légumes et de l’huile d’olive, dont l’Espagne est le premier producteur mondial.
Tous les syndicats sont à l’unisson pour dénoncer « la grave situation de manque de rentabilité »