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Belgique Manifestations à Bruxelles contre la hausse des prix du pétrole

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Agriculteurs, mais aussi routiers et chauffeurs de taxi, ont manifesté le 18 juin à Bruxelles, contre la hausse des prix pétroliers et ses conséquences sur leurs activités. Ils attendent des propositions concrètes de la part des décideurs européens. Un syndicat agricole flamand menace pour sa part de bloquer le pays si aucune solution nouvelle n’est présentée.

Plusieurs quartiers de Bruxelles, et notamment celui abritant les institutions européennes, ont été la proie de manifestations d’agriculteurs, de chauffeurs de taxi et de routiers dans la journée du 18 juin. Tous protestent contre la hausse du prix du pétrole. Si les professionnels du transport demandent à pouvoir répercuter cette augmentation sur leurs clients, les agriculteurs se plaignent quant à eux de ne pouvoir reproduire cette hausse sur le prix de vente de leurs produits dans la grande distribution.

La grande distribution et les politiques européennes mises en cause

Cette manifestation était l’occasion pour les agriculteurs de dénoncer les méthodes de la grande distribution, qui selon eux achète à prix cassés leurs produits et augmente ses propres marges à leurs dépens. Ils soulignent ainsi que si les prix à la consommation ont augmenté, les revenus agricoles ont été modifiés dans la direction inverse.

Reçus par la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer-Boel, afin de demander le maintien des mécanismes de gestion des marchés de la Pac, les représentants des organisations agricoles se sont déclarés peu convaincus par ses propos.

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Leurs revendications rejoignent celles du ministre wallon de l’agriculture, Benoît Ludgen, qui se prononce contre la libéralisation des marchés. Comme les agriculteurs, les discussions qui ont lieu à l’OMC l’inquiètent. M. Ludgen craint de voir arriver sur le marché européen des produits alimentaires issus de pays tiers ne respectant pas les normes environnementales et sanitaires auxquelles les agriculteurs de l’UE doivent se soumettre. Aussi, il demande à la Commission européenne d’adopter une position claire face au malaise que connaît actuellement le monde agricole.

Menace de paralysie

La deuxième organisation syndicale agricole flamande a menacé récemment de mener des actions visant à paralyser le pays si le gouvernement belge ne prend pas rapidement des mesures contre la hausse du prix du pétrole. Participant aux manifestations du 18 juin, l’Algeemen Boerensyndicaat (ABS) a distribué de la viande et du lait au public pour souligner la différence entre les prix auxquels ils vendent leurs produits et ceux qui sont pratiqués lors de leur commercialisation en bout de chaîne. L’ABS a indiqué qu’il s’agissait de sa « dernière action symbolique » avant d’intervenir dans les ports ou sur les voies ferrées afin de bloquer le pays.

Le ministre-président flamand Kris Peeters a pour sa part annoncé que des moyens budgétaires seraient débloqués pour venir en aide aux secteurs en crise suite à la hausse des coûts de production. Il a également insisté sur la nécessité selon lui de revoir le mécanisme de perception des contributions sur les primes que la Flandre accorde à ses agriculteurs.