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Manifestations : la contestation agricole dans l’UE ne faiblit pas

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En Espagne principalement mais aussi en Grèce, en Italie, en Belgique ou en Pologne, la contestation des agriculteurs continue et les dirigeants politiques tentent tant bien que mal de calmer la situation. Une nouvelle manifestation est déjà prévue en Belgique le 26 février, en marge d’une réunion des ministres européens de l’Agriculture où le sujet sera abordé.

Le mouvement de contestation agricole européen ne faiblit pas. Depuis le mois de janvier, plus d’une douzaine de pays de l’UE ont connu des épisodes de manifestations de la part de leurs agriculteurs. En Espagne, épicentre actuel de la contestation, le ministre de l’Agriculture, Luis Planas, recevait une nouvelle fois le 15 février à Madrid, les trois principaux syndicats d’agriculteurs et d’éleveurs du pays (Asaja, COAG et UPA). En effet, les blocages de routes par les tracteurs se sont poursuivis le 14 février dans le sud du pays, dans les provinces andalouses de Grenade, Malaga, Jaen et Séville, annulant notamment une course cycliste. En Catalogne, la veille, des tracteurs faisaient barrage à l’un des accès au port de Tarragone, entraînant une chute de 83 % du trafic de camions entrant dans le port ou en sortant, selon un responsable de l’Autorité portuaire. Près de la frontière avec la France, des manifestants ont bloqué une portion de l’autoroute AP-7 avec des tracteurs et des barricades. Une grande manifestation devant le ministère de l’Agriculture à Madrid est d’ores et déjà annoncée pour le 21 février.

Sous pressions

Situation similaire en Grèce, où le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis (droite) a rencontré dans le 13 février des agriculteurs. Celui-ci se disait, selon l’AFP, « ouvert à la discussion » malgré des « marges fiscales limitées » après avoir accordé une baisse des factures d’électricité et de la TVA sur l’engrais. En Belgique, des barrages filtrants ont été organisés le 13 février sur le port d’Anvers, deuxième principal port européen. En Italie, la présence des tracteurs à Rome le 9 février a poussé la Première ministre italienne Giorgia Meloni à restaurer des exemptions fiscales pour les agriculteurs à bas revenus. A l’est, le mouvement de protestation des agriculteurs polonais à la frontière avec l’Ukraine a s’est durci le 11 février lorsqu’une cargaison de céréales ukrainiennes à destination de l’UE a été déversée sur la route, obligeant le ministre polonais de l’Agriculture à présenter ses excuses.

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À l’approche du Salon international de l’agriculture (24 février-3 mars), le principal syndicat agricole français (FNSEA) a annoncé le 13 février que la mobilisation des agriculteurs pourrait être relancée si les mesures concrètes attendues du gouvernement de Gabriel Attal n’étaient pas au rendez-vous « d’ici dix jours », soit au moment de l’ouverture du Salon. À Bruxelles, une nouvelle action de protestation est attendue le 26 février, en marge d’une réunion du Conseil Agriculture, à l’initiative du syndicat agricole Fugea (minoritaire), alors qu’au même moment, les ministres de l’UE débattront des réponses « à la fois rapides et structurelles » à apporter la situation de crise actuelle.