Fortes chaleurs et restrictions d’irrigation ont compromis les rendements légumiers en Pays de la Loire durant l’été 2022. Les chambres d’agriculture ont dressé un premier bilan détaillé, avec des baisses de 10 % en moyenne.
Suite aux conditions météorologiques extrêmes de l’année, la filière légumes Pays de la Loire, située au sixième rang national avec 20 740 ha, a publié le 1er février un panorama des pertes subies durant l’été. « Les baisses de production se chiffrent en moyenne à 10 %, mais dépassent les 40 % pour certains légumes », détaille Maëlle Depriester, conseillère en productions légumières à la chambre d’agriculture régionale. La chaleur est la principale cause de perte de rendement sur les cultures légumières. « On compte 31 jours où la température a dépassé les 30 °C. En moyenne, ce nombre est de 10 jours sur la période 1951 – 2021 », chiffre le document.
Les productions de panais et de carotte représentent les cultures les plus touchées avec des baisses de rendement de l’ordre de 40 % en panais. « Les sols sableux dans lesquels elles sont implantées peuvent monter jusqu’à 60°C lors des pics de chaleur. Les semis n’y résistent pas », assure la conseillère en production légumière. Les cultures palissées sous abri-froid, dont la tomate qui représente 80 000 t dans la région, ont également subi des pertes liées à la chaleur atteignant 20 % en Vendée et Maine-et-Loire. Les structures hors-sol du bassin maraîcher nantais s’en sont mieux sorties face aux épisodes de chaleur extrême avec des pertes de l’ordre de 10 %. « Avec les écrans d’ombrage à l’intérieur de la culture et les systèmes de brumisation, les producteurs ont réussi à maintenir une ambiance convenable pour les plantes », rapporte Maëlle Depriester. Les salades ont également été fortement touchées avec des baisses de volume de l’ordre de 30 à 50 % sur chicorée et romaine. Côté légumes d’hiver, la chaleur a bloqué la croissance des cultures. Le panorama évoque des calibres « globalement petits pour la saison » en poireau et chou.
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Un manque d’eau anticipée par les producteurs
Les restrictions d’irrigations, conséquence des faibles précipitations de l’année, ont obligé les producteurs à réaliser des choix sur l’usage de l’eau. « En Vendée, les maraîchers ont fait face à des interdictions totales d’irrigation », relève la conseillère. Les surfaces de productions en cycle court, à l’image de la mâche et des radis qui représentent respectivement 84 % et 33 % de la production nationale, ont été largement revues à la baisse sur l’ensemble de la région. « En ce qui concerne les cultures de mâche, de nombreux producteurs ont renoncé à semer par manque d’eau » peut-on lire dans le document. « Sur le bassin de l’Authion, les maraîchers ont décalé les horaires de travail pour planter en fin de journée et pouvoir arroser immédiatement ensuite tout en respectant les restrictions d’irrigation », décrit Maëlle Depriester.