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« Ce nouvel épisode n’a finalement fait qu’épaissir les doutes vis-à-vis des OGM mais aussi vis-à-vis du monde scientifique. Je plaide, plus que jamais, pour que des études sur les OGM soient conçues et réalisées par des organes européens totalement indépendants afin que l’on sache si 500 millions de consommateurs européens se font empoisonner au quotidien ou si toutes ces polémiques ne sont que du vent ! » C’est la position on ne peut plus musclée qu’a adoptée l’eurodéputé belge Marc Tarabella, membre de la commission « agriculture » du Parlement européen, à l’annonce de l’avis préliminaire de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) déclarant que l’étude de Eric-Gilles Séralini sur la toxicité du maïs transgénique NK 603 « est non valable scientifiquement » (1).
Interrogé par Agra Alimentation, Marc Tarabella, souligne qu’il « n’est ni pour ni contre les OGM et encore moins contre l’industrie ». Ce qui le dérange le plus, c’est que « tant les consommateurs que les eurodéputés ne savent plus à quel saint se vouer» et que cet avis de l’AESA « installe le flou complet dans la tête des consommateurs car à chaque fois qu’une étude met les OGM au pilori, une contre-étude annonce le contraire dans les semaines qui suivent et cela donne lieu à un affrontement « pro-OGM contre anti-OGM dont les consommateurs sont depuis le début les grands perdants ». Rappelant que, selon un sondage de Eurostat, 59 % des Européens trouvent les OGM dangereux, l’eurodéputé estime que « c’est à l’Europe de prendre les choses en main et la Commission européenne en particulier, à travers son Autorité de sécurité alimentaire. » Quand on lui pose la question de savoir si l’AESA est à même de régler la question liée OGM, Marc Tarabella répond « non , en tout cas pas avec les moyens qui lui sont alloués ni avec les doutes qui entourent son mode de fonctionnement ou ses résultats ». Quels doutes exactement ? « La nomination au sein de l’AESA d’anciens membres des lobbies agroalimentaires dont l’ex-présidente, Dania Banati, qui a depuis démissionné » ou encore le fait « qu’entre 1998 et 2010, sur les 125 autorisations d’importation d’OGM déposées à la Commission européenne, hormis 6 dossiers retirés par les industriels eux-mêmes, on ne comptait absolument aucun refus » sans parler du « long silence de l’AESA lors de la crise mortelle de l’E-Coli ». L’eurodéputé belge considère que les « Européens sont en droit d’attendre neutralité, intégrité mais aussi fiabilité totale d’un organisme qui a entre ses mains la sécurité alimentaire d’un demi-milliard de citoyens. Il faut revoir le mode de casting et le fonctionnement de la politique de communication de l’AESA ». Il reconnaît cependant la nécessité de donner davantage de moyens à l’AESA et notamment de revoir son budget « ridiculement bas » afin qu’elle puisse jouer son rôle. « Un organisme qui a un impact au quotidien sur la vie et la santé des consommateurs doit disposer d’un budget un peu plus généreux de la part de la Commission européenne », affirme Marc Tarabella qui précise qu’il va interpeller sur tous ces points le commissaire européen à la santé des consommateurs, John Dalli.
(1) Il faudrait peut-être utilement rappeler que Marc Tarabella (Socialiste belge) – qui a souvent des positions assez tranchées et téméraires sur un grand nombre de thèmes intéressant les consommateurs européens – est actuellement en campagne pour les élections communales prévues le 14 octobre 2012 dans toute la Belgique...
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