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Vin Marché mondial du vin : des pressions vers l’industrialisation

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L’évolution du vignoble mondial et du mode de conservation des produits vinicoles sous forme de moûts, pousse à une industrialisation du vin. FranceAgriMer met en garde contre cette évolution dont les conséquences seraient importantes et pourraient remettre en cause même l’OCM viti-vinicole.

La production mondiale de raisin évolue, se déportant vers les pays du Nouveau monde qui ont d’autres pratiques, utilisent l’irrigation et augmentent leurs rendements année après année (voir encadré). Conjointement, on observe la même évolution sur le marché du vin.
Il y a actuellement peu d’excédents de vin au plan mondial – environ 28 millions d’hl – et les stocks mondiaux se font plutôt sous forme de moûts, moûts concentrés et moûts concentrés rectifiés. Les détenteurs souhaitent les valoriser au mieux, ce qui signifie les valoriser dans la filière viti-vinicole (les moûts peuvent servir également à l’alimentation animale, la confiturerie…). Ils exercent une pression accrue pour que les pratiques vinicoles s’assouplissent. Le risque encouru est que le vin devienne alors un produit agroalimentaire et non plus un produit agricole, estime Patrick Aigrain, chef du service « évaluation, prospective et analyses transversales » (EPAT) à FranceAgriMer. « Si nous allons vers un système de production de vin agroalimentaire, il n’est pas sûr alors que l’on puisse gérer avec l’OCM actuelle », explique-t-il. Il n’est même pas sûr qu’une OCM serait justifiée.

La crise a accéléré les échanges de vin en vrac

Pourtant la crise économique a poussé dans la même direction. En effet, en 2009, la baisse de consommation de vin dans le monde a été d’environ 13 Mhl, rompant avec une tendance à la hausse. Le marché mondial (somme des échanges mondiaux y compris au sein de l’UE) a également été affecté par la crise, il est passé de 89 Mhl en 2008 à 86 Mhl en 2009, avec une préférence marquée pour le vrac. « Les pays importateurs ont préféré rapatrier la valeur ajoutée chez eux pour offrir des produits moins chers à leurs clients. La crise a rapproché le lieu d’élaboration du produit de son lieu de consommation, comme dans le système industriel », observe encore Patrick Aigrain. Cependant, il est probable que la baisse de consommation, liée à la crise, ne sera pas durable. En effet, 10% seulement de la population mondiale consomme du vin et l’extension géographique de la consommation se poursuit, particulièrement dans les pays émergents. Aussi, la consommation globale est amenée à augmenter dans les années qui viennent.

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