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Perspectives de marché 2011/2012 Marché « tendu » pour les céréales et « incertitudes » pour le lait

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Dans un souci de transparence, comme Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, en avait pris l’engagement en juin dernier devant les ministres de l’agriculture du G20, la Commission de Bruxelles vient de rendre publiques pour la première fois ses prévisions à court terme pour les principales matières premières agricoles européennes. Un exercice qu’elle entend répéter trois fois par an et qui sera complété par un bilan céréalier mensuel. Le premier bulletin sur les céréales sera disponible fin octobre. Ces perspectives 2011/2012 sont basées sur les analyses des experts des services de la direction générale de l’agriculture de la Commission. Avec une production de 277,8 millions de tonnes, il est prévu que le marché céréalier reste « tendu » d’ici la fin de la présente campagne avec des stocks en baisse sensible. Des inquiétudes pointent également dans le secteur laitier en raison de certains impondérables climatiques et économiques, le secteur restant largement tributaire de l’évolution de la situation sur le marché mondial.

Produits laitiers
Les services de la Commission considèrent que les perspectives dans le secteur laitier sont sujettes à nombre d’impondérables, liés en particulier à l’environnement macro économique général – spécialement, la croissance économique de l’UE-27 et des grands pays importateurs de produits laitiers – aux conditions climatiques et aux évolutions du marché des matières premières et des principaux pays fournisseurs. Alors que la situation a été globalement favorable sur l’ensemble de l’année 2010 et au cours des sept premiers mois de 2011, la Commission souligne que les prévisions pour la fin 2011 et 2012 dépendent dans une large mesure de l’augmentation de la production des livraisons aussi bien de l’Union que des principaux pays fournisseurs (Nouvelle-Zélande, Australie, Etats-Unis) et du maintien d’une demande forte sur le marché mondial, actuellement soutenue par la Chine et les autres pays d’Asie du sud-est et du proche et du moyen orient. Les services de la Commission estiment que la production de lait dans l’UE devrait atteindre presque 150,8 millions de tonnes en 2011 et se consolider à 151 millions en 2012. Cette progression est due à une hausse des rendements laitiers dans tous les Etats membres. Ceux-ci sont passés en moyenne de 5,9 tonnes à 6,3 tonnes par tête de 2008 à 2001, alors que le cheptel laitier communautaire est en régression constante depuis de nombreuses années (22,9 millions de têtes en 2011 contre 24,2 millions en 2008). La production fromagère devrait progresser de 1 % dans l’UE en 2011, compte tenu d’un contexte porteur aussi bien pour les exportations que pour la consommation à l’intérieur de l’Union. La production de lait frais (lait fermenté, lait liquide et crème) est prévue en hausse de 0,7 % en 2011 et 2012, en raison d’une demande soutenue sur le marché intérieur. En revanche, la production de lait entier en poudre devrait continuer à se rétracter en 2001 et 2012, mais à un rythme plus lent. Malgré une demande forte, tirée par la Chine, les exportations communautaires devraient continuer à décliner au profit surtout de la Nouvelle-Zélande. La production de lait écrémé en poudre serait en augmentation de 9 % en 2011 et une hausse supplémentaire de 4 % est prévue pour 2012. Les stocks d’intervention constitués en 2009 seraient totalement écoulés fin 2012. Enfin, la production de beurre est prévue en hausse de 1,2 % en 2011 et de 1 % en 2012. Les importations sont en régression à cause de la hausse des prix sans précédent sur le marché mondial. A l’exception de la Russie, le beurre européen n’est pas compétitif en raison du fossé existant entre les cours dans l’Union et les cotations sur le marché mondial

Céréales
Les disponibilités de la campagne céréalière 2011/12 sont estimées à 325,5 millions de tonnes dans l’UE-27, soit une baisse de près de 5% par rapport à la campagne 2010/11. Cette diminution s’explique par une baisse sensible des stocks en début de campagne (54,5 Mt en juillet 2010 contre 37,1 Mt en juillet 2011). La récolte est prévue à 277,8 Mt, en baisse de 0,2 % par rapport à l’an dernier. Les exportations accuseraient une baisse sensible à 21,8 Mt (31,8 Mt en 2010/11) et les utilisations totales sur le marché seraient légèrement freinées (0,6 Mt) à cause de la hausse des prix. Elles s’élèveraient à 271 Mt dont 166,6 Mt pour l’alimentation animale et 9,1 Mt pour la production de bioéthanol. Sur la base de ces prévisions, les stocks de fin de campagne (juin 2012) devraient diminuer de 6,5 Mt pour s’établir à 30,6 Mt et les stocks publics resteraient vides.

Oléagineux et protéagineux
Malgré une hausse de 3,4 % de la superficie à 11,4 millions d’hectares, la production de graines oléagineuses est prévue en baisse de 2,2 % à 28,1 millions de tonnes (colza 19 Mt, - 7,2 % ; tournesol 7,8 Mt, + 12,4 %  ; soja 1 Mt, - 0,9 %). La production européenne de protéagineux est prévue en baisse de 1,6 % à 2,8 Mt.

Viande bovine
La production de viande bovine devrait croître de 1,3 % en 2011 en raison d’une augmentation du poids à l’abattage et d’une demande dynamique à l’exportation. Toutefois, compte tenu d’une baisse du cheptel, la production devrait baisser de 2 % en 2012. En 2010 et 2011, les exportations de viandes fraîche et transformée ont fortement augmenté, surtout vers les marchés russes et turcs. Mais en 2012, selon les services de la Commission, les exportations de viande chuteraient de 29,6 %. La consommation de boeuf et de veau dans l’UE devrait décroître légèrement jusqu’en 2012.

Viande porcine
La production de porc est prévue en augmentation de 1,7 % en 2011. La Commission s’attend à une croissance identique l’an prochain. Selon les données commerciales disponibles jusqu’à la fin août, les services de la Commission estiment que les exportations pourraient être supérieures de 13,4 % au volume de 2010, la Corée du Sud et la Chine étant des marchés très porteurs, y compris pour les produits porcins à haute valeur ajoutée. Les exportations pourraient baisser de 4,3 % en 2012 et les importations diminuer de 30,5 % en 2011 et de 24 % en 2012 par rapport à 2010.

Volaille
La production européenne de poulet en 2011 devrait se maintenir au niveau de 2010 et augmenter légèrement (0,6 %) en 2012, principalement en raison d’une forte demande intérieure. On s’attend à une hausse de 18,8 % des exportations en 2011 et à une baisse de 1,6 % en 2012. La consommation dans l’UE est prévue en hausse de 0,8 % en 2012.

Secteur ovin et caprin 
Les productions ovine et caprine devraient continuer à baisser en 2011 (-0,8 %) et en 2012 (-2,4%). Les importations de viande ovine ont diminué de 10 % en 2011 mais les livraisons originaires de Nouvelle-Zélande devraient augmenter légèrement en 2012. Ce pays, principal fournisseur de l’Union, a dû faire face en 2008/09 à une forte sécheresse et à un taux de fécondité des brebis en baisse.

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