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Marchés agricoles : la Chine continuera de peser en 2017

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La Chine pourrait entraîner les cours mondiaux du porc à la baisse cette année. Dans le lait, l’enregistrement des marques de lait infantile représente une incertitude de taille pour 2017.

Les exportations de porc vers la Chine égaleront-elles cette année le record de 2016 ? Tout dépendra du rythme de retour à la croissance de la production chinoise. Si Rabobank a longtemps fait le pari d’importations stables en 2017 (2,5 à 2,9 Mt), avec toutefois une réorientation du marché au second semestre, Yann Morel, directeur de Cooperl en Chine, anticipe un retournement de marché dès le premier semestre. La restructuration en profondeur du marché chinois rend les prévisions difficiles, avec l’arrêt de nombreux petits élevages, des contraintes environnementales de plus en plus importantes, mais aussi une croissance très soutenue pour les grands groupes. « Avec la reprise de la production, le prix du porc devrait s’établir à 15-17 yuans/kg, contre 18-20 yuans/kg en 2016. Comme la Chine est le premier importateur mondial, cela devrait influencer les cours mondiaux qui pourraient également se replier », indique Pan Chenjun, analyste senior chez Rabobank. En termes d’origine, les pays européens pourraient perdre des parts de marché au profit de l’Amérique du Nord et du Brésil. Il convient également d’observer la situation en Russie, car elle pourrait s’intéresser de près au marché chinois.

Lait : des effets contraires

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Dans le secteur laitier également, la Chine pourrait bouleverser les équilibres cette année. Grosse importatrice de poudre de lait infantile, elle entend réduire drastiquement (d’au moins la moitié) le nombre de marques présentes sur ce marché, qu’elles soient chinoises ou étrangères. L’enregistrement des recettes devient obligatoire (1er janvier 2018), ce qui redistribuera probablement les cartes de ce marché, même si les tendances à moyen terme semblent rester bonnes. En ce qui concerne les poudres de lait classiques (entier ou écrémé), l’utilisation de lait domestique est actuellement relativement intéressante pour les industriels, et « les importations devraient au mieux rester stables », estime Hal Qin, consultant chez Beijing Orient Dairy. « La demande de beurre, de crème et de fromage (fromage fondu pour le gros des volumes ndlr) est toutefois bien orientée », poursuit-il. Pour le lait liquide comme pour la poudre de lait infantile, la situation dépendra beaucoup des aspects réglementaires. Au-delà des caractéristiques de la demande chinoise, « le retour à la croissance de la collecte dans les principales zones laitières au second semestre devrait limiter la hausse des prix », estime Sandy Chen, analyste senior chez Rabobank.

Mentionnons enfin le soja, dont la Chine absorbe plus de 60 % des exportations mondiales. Malgré sa politique de soutien à cette culture, elle dépend à plus de 80 % des importations, dont une partie vient des États-Unis. Du retrait du traité transpacifique aux soubresauts diplomatiques avec la Chine, Donald Trump pourrait aussi bouleverser les échanges mondiaux de soja.