Les aliments enrichis en phytostérols « anti-cholestérol », essentiellement des margarines, des produits laitiers frais et des sauces condimentaires, n'ont aucun effet démontré sur les maladies cardiovasculaires, estime l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). Saisie par l'UFC-Que Choisir, l'Anses s'est penchée sur les allégations des fabricants d'aliments enrichis en phytostérols qui affirment que leurs produits font baisser le taux de cholestérol.
Dans son rapport du 15 juin, l'agence relève que « si les phytostérols contribuent en effet à la réduction du cholestérol sanguin, pour autant, leur bénéfice sur la prévention des maladies cardiovasculaires n'est pas démontré ».
Selon la dernière étude sur les consommations alimentaires menée par l'Anses en 2006-2007, 3% des adultes et 0,7% des enfants consommaient ce type de produits. La tranche d'âge des 46-79 ans était la plus représentée.
Les phytostérols ont notamment pour propriété de réduire le niveau de cholestérol sanguin en diminuant son absorption intestinale. Mais si les phytostérols contribuent à une réduction moyenne d'environ 10% du taux de cholestérol total et de la teneur en LDL-cholestérol (également connu sous le nom de « mauvais » cholestérol), l'effet peut être très variable selon les individus, relève l'Anses qui précise que chez près d'un tiers des consommateurs, ces aliments n'induisent pas de baisse du LDL-cholestérol.
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L'agence souligne également que le LDL-cholestérol sanguin n'est qu'un des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires qui sont « multifactorielles, impliquant un grand nombre de facteurs de risques et de facteurs protecteurs » et que diminuer ce seul risque « n'entraîne pas nécessairement la diminution du risque de maladie ».
Et comme il n'existe pas d'étude portant sur les effets directs des phytostérols sur les maladies cardiovasculaires, « on ne peut pas conclure à ce jour », selon l'Anses.
L'agence signale en revanche que la consommation d'aliments enrichis en phytostérols pourrait augmenter le risque cardiovasculaire en raison d'une baisse de la concentration de bêtacarotène dans le sang.
UFC-Que choisir s'est aussitôt félicité de l'avis de l'Anses, avant de demander aux autorités nationales et européennes de réexaminer l'autorisation de la commercialisation de ces produits.