Quelques jours après l’opération «marges des grandes surfaces» de la FNSEA il faut en tirer le bilan. Certes, en quelques jours, la mobilisation a été forte et elle a permis de faire bouger, en un temps record, le gouvernement. Celui-ci s’est engagé à intensifier les contrôles sur les grandes surfaces, celles-là même qui pouvaient prétendre, naguère, aux faveurs de l’Élysée. Mais il ne faut pas croire que cela allégera sensiblement la pression des distributeurs à la baisse des prix. Être plus raisonnable sur leurs marges ne signifie pas qu’ils molliront sur les négociations commerciales. L’effet sur le revenu agricole pourrait être bien mince.
Pour les agriculteurs, la bataille des revenus porte sur d’autres marges… les leurs. D’une part en allégeant le poids de leurs achats. C’est la bataille des intrants dont le volume, pour des raisons écologiques, doit baisser. C’est aussi la bataille des prix d’achat. Au fond, les agriculteurs et leurs coop d’appro pourraient s’inspirer des grandes enseignes de distribution en se regroupant et en concentrant leurs achats de fournitures en quatre ou cinq grandes centrales. Comme il y aurait à gagner sur les tarifs !
Le regroupement, c’est évidemment à la commercialisation des produits agricoles qu’il doit aussi se réaliser. Le président de Coop de France, Philippe Mangin ne cesse de le clamer et l’a redit en inaugurant la «maison commune» de Coop de France à Paris. Mais pour l’instant, ces propos ne sont pas trop suivis d’effet. Tant sur le lait, en particulier, que sur tous les autres produits agricoles, c’est en s’organisant eux-mêmes que les agriculteurs parviendront à augmenter leurs marges. Autant, et si ce n’est plus, qu’en s’attaquant à celles des distributeurs.
 

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