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Marges alimentaires : les consommateurs s’emparent du débat

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Quatre associations de consommateurs réclament la « transparence totale » sur les marges des industries alimentaires. Ces dernières, par la voix de l’Ania, se déclarent prêtes à le faire... si les distributeurs le font aussi.

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, accompagnée d’une pétition, quatre associations de défense des consommateurs (Familles rurales, Foodwatch, UFC-Que choisir et CLCV) demandent à Emmanuel Macron de « faire toute la lumière sur la construction des prix alimentaires et mettre fin au plus vite aux marges excessives, qui sont dévastatrices tant pour les consommateurs que pour nos producteurs ». Elles réclament, notamment, « l’obligation de transparence totale et immédiate sur les marges nettes par produits réalisées par les géants de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution ». Elles appuient leur argumentaire sur les données de l’Insee qui donnent un taux de marge brute moyen de 48 % sur la première partie de 2023. Un chiffre contesté par les industriels qui expliquent que ce calcul inclut les commerces de bouche. « Nous ne sommes pas ces entreprises qui font 48 % de marges, les meilleures tournent à 4-5 % », défend le président de l’Adepale, Jérôme Foucault. « Bercy a les résultats opérationnels du top 75 [périmètre envisagé dans un premier temps pour les négociations commerciales anticipées], ils voient très bien que ces entreprises ne sont pas à 48 % », assure de son côté Jean-Philippe André, le président de l’Ania.

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Les industriels « prêts à faire l’exercice »

« On perd beaucoup d’énergie à se justifier », déplore-t-il, assurant que les industriels sont « prêts à faire l’exercice » de la transparence sur leurs marges, « à condition que l’exercice soit fait sur l’ensemble de la filière ». Il affirme que les industriels constatent « des écarts significatifs » entre les prix de cession au distributeur et les prix de vente consommateur. L’encadrement des marges dans l’agroalimentaire a été mis à l’agenda parlementaire par le groupe La France Insoumise-Nupes. L’Ania est opposée à un coefficient multiplicateur comme le propose LFI. « Par contre, toute démarche sérieuse de transparence ne nous pose absolument aucun problème, à condition qu’elle se fasse sur l’ensemble de la filière », assure Jean-Philippe André. Les associations signataires du courrier à Emmanuel Macron demandent des « mesures concrètes pour rendre impossibles les marges excessives », en commençant par « les produits bruts, les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers » et les produits bio. Elles s’accordent également pour réclamer la suppression du seuil de revente à perte relevé de 10 % (SRP + 10). Emmanuel Macron avait annoncé, fin septembre, « un accord sur la modération des marges dans tout le secteur ». Pour l’heure, le sujet n’a pas abouti.

« Mettre fin au plus vite aux marges excessives »