Le groupe Marie Brizard, à peine sorti de son acquisition de William Pitters, entend poursuivre sa croissance externe d’ici la fin de l’année.
Au moment où il fête son 250e anniversaire, le groupe de vins et spiritueux Marie Brizard entend poursuivre ses acquisitions alors même qu’il doit digérer le rachat, il y a moins de deux mois, de l’activité spiritueux du groupe bordelais William Pitters International.
« J’espère pouvoir boucler une ou deux autres acquisitions, notamment dans le secteur du vin, peut-être à Bordeaux, avant la fin de l’année», a déclaré Eric Brousse, président du directoire de Marie Brizard, lors d’une conférence de presse.
Ayant redressé le groupe – qui a dégagé à nouveau en 2004 un bénéfice net (9,8 millions d’euros, en recul de 7,5 % sur celui de 2003, mais en hausse de 41,5 % en données pro forma) après une dizaine d’années de pertes et avoir frôlé le dépôt de bilan en 1999 –, M. Brousse affirme qu’il n’est pas « boulimique mais réaliste ».
« Lilliputien au niveau mondial », avec un chiffre d’affaires hors taxes également en retrait en 2004 de 10,8 % à 337 millions d’euros (+3,1 % en données pro-forma), le groupe a réalisé 248,4 M EUR en France, 22,6 M en Espagne et 53 M dans le reste du monde.
Avec l’acquisition des spiritueux de William Pitters (105 M EUR de chiffre d’affaires), il va quand même peser quelque 350 M EUR et disposer de cinq des marques du top ten des marques leaders sur leur marché (William Peel, n°1 des whiskies en GMS avec 15 millions de bouteilles, Manzanita, cocktails William Pitterson, tequila San José, concentré Pulco) et de cinq autres placées en seconde position (Porto Pitters, gin Old Lady’s, Sirops Sport, Berger blanc et rhum la Mauny).
Acteur majeur des spiritueux en GD
L’acquisition de la société William Pitters permet ainsi à Marie Brizard de « devenir un acteur majeur dans l’univers des spiritueux en grande distribution ». Le groupe entend conserver son « trépied » en continuant à développer son secteur vins – lancement notamment d’une marque Eclat du Rhône en Côtes-du-Rhône – et en conservant son secteur boissons sans alcool. Dans le sans-alcool, le groupe affiche ses ambitions, notamment en venant concurrencer Teisseire sur le marché des sirops conditionnés en PET sous sa marque Sirop Sport, dont Eric Brousse dit vouloir vendre 2 millions de bouteilles cette année.
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Malgré un endettement monté à 110 millions d’euros, après avoir déboursé environ 100 millions d’euros pour les spiritueux de William Pitters, M. Brousse se dit prêt à débourser entre « 50 et 100 millions d’euros » pour les une ou deux acquisitions qu’il envisage.
Marie Brizard compte d’autre part sur la réussite de l’OPA en cours de Pernod Ricard sur Allied Domecq pour devenir le « réceptacle » de marques appartenant à d’autres groupes actuellement distribuées par le britannique en France.
Plan social
L’acquisition de William Pitters va toutefois contraindre à un « plan social » concernant 35 personnes pour ramener l’effectif total à 605 salariés. Marie Brizard envisage également de vendre « mais peut-être pas avant 2007 » son siège historique, construit par Gustave Eiffel, situé sur un hectare en plein centre de Bordeaux.
Pour 2005, malgré un mauvais début d’année, le président de Marie Brizard prévoit une hausse du bénéfice d’exploitation qui se situerait « entre 35 et 38 millions d’euros » (contre 15,2 M en 2004).
Le capital de Marie Brizard est détenu à 69,3 % par Duke Street Capital France 2, filiale du fonds d’investissement britannique, à 13,4 % par Tocqueville Finance SA et 17,3 % par le public.