En grandes difficultés, notamment en Pologne, le groupe de spiritueux MBWS a trouvé un accord avec son premier actionnaire, la Cofepp qui accepte de le renflouer. Après des pertes en 2017, les prévisions font état d’un nouvel exercice lourdement déficitaire pour 2018. Le nouveau directeur général Andrew Highcock doit présenter son plan stratégique dans le courant du premier trimestre.
À la veille de Noël, Marie Brizard Wine and Spirits (MBWS) a présenté un renforcement de ses liens avec son principal actionnaire ainsi que ses comptes annuels 2017 et du premier semestre 2018. Acculé par de grandes difficultés financières, le groupe de spiritueux a donc trouvé un accord avec la Compagnie financière des prises de participations (Cofepp). Propriété de la famille Cayard (également propriétaire du groupe de spiritueux La Martiniquaise), la Cofepp qui détient 29,47 % de MBWS s’est engagée à souscrire à une augmentation de capital réservée, d’un montant de 37,71 M€, au prix de 4 euros l’action nouvelle. Dans l’hypothèse où cette opération "ne serait pas réalisée pour quelque raison que ce soit", une augmentation de capital de 35 millions d’euros, pour un prix par action compris entre 2 et 2,50 euros, "entrera automatiquement en vigueur", souligne MBWS dans son communiqué. La Cofepp y souscrirait à hauteur de 10,5 millions d’euros, mais pourrait porter sa participation jusqu’à 26,3 millions d’euros.
La Cofepp s’est également engagée à souscrire à un emprunt obligataire de 29,5 millions d’euros à échéance au 30 avril 2020, afin de permettre à MBWS de "rembourser certaines de ses dettes financières et de renforcer sa trésorerie lui permettant ainsi d’accélérer son plan de développement". Le tout est conditionné au vote favorable des actionnaires convoqués en assemblée le 31 janvier.
Le plan stratégique bientôt annoncé
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Par ailleurs, les comptes 2017, dont la publication avait été reportée en raison des problèmes en cours, font apparaître un Ebitda négatif de 11,9 M€, contre un résultat positif de 17,1M€ en 2016, pour un chiffre d’affaires en recul de 1,8 %, à 423,3 M€. Du côté du bilan, les capitaux propres de MBWS s’élevaient à 163,9 M€ au 31 décembre 2017, contre 238,5 M€ un an plus tôt. Dans le même temps, la dette financière brute atteignait 63,3 M€, en augmentation de 11,2 M€ sur un an, sous l’effet des plans d’investissement du groupe. Lequel précise que les rapports d’audit relatifs à la certification des comptes sont en cours d’émission et qu’ils seront "certifiés avec des observations de la part des commissaires aux comptes sur la continuité d’exploitation".
Sur le premier semestre 2018, les voyants sont également au rouge. L’Ebitda est négatif à hauteur de 21,1 M€ (contre -1,9 M€ au premier semestre 2017), pour un chiffre d’affaires en baisse de 7,6 % à 190 M€, "la baisse étant particulièrement marquée en Pologne", précise le groupe. Pour l’ensemble de l’exercice 2018, compte tenu d’une baisse importante de son chiffre d’affaires dans la grande distribution liée aux mouvements sociaux du quatrième trimestre en France, MBWS anticipe désormais un Ebitda "dans une fourchette comprise entre -25 M€ et -28 M€", soit plus du double de celui de 2017. Le nouveau directeur général Andrew Highcock qui a pris ses fonctions fin octobre, dévoilera son plan stratégique dans le courant du premier trimestre.