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Sucre Marié à SDHF, Tereos poursuit sa course aux investissements

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Le groupe coopératif Tereos profite de l’officialisation de sa fusion avec SDHF pour annoncer une prise de participation de 50% dans une sucrerie au Mozambique, l’achat d’une sucrerie en République tchèque, et 200 millions d’investissement dans l’Hexagone sur des nouveaux sites de production d’éthanol. Grâce à la dot apportée par SDHF, le groupe lillois, désormais deuxième sucrier européen derrière l’allemand Südzucker, détient 40% des quotas nationaux et 9,36% des quotas européens. Développement à l’international, recherche de taille critique et production d’éthanol sont les réponses ainsi apportées par Tereos à la réforme de l’OCM sucre.

Tereos n’en finit plus d’investir. Une réponse au nouveau régime sucre, entériné par Bruxelles en novembre dernier. En quête de taille critique, le groupe coopératif lillois a profité de l’officialisation de sa fusion avec SDHF (Sucreries distilleries des hauts de France) pour annoncer de nouvelles implantations : au Mozambique tout d’abord, où il procède à une prise de participation de 50 %, « qui sera portée à 75 % dans un deuxième temps », dans la sucrerie Marromeu, en accord avec les sucriers de l’île Maurice. Investir en Afrique continentale, c’est une première pour un sucrier européen, et une simple réaction à « l’ouverture du marché européen sans limitation aux PMA et aux ACP à compter de 2009 », explique le groupe dans un communiqué. Mais ce premier pas dans les pays de la zone ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) n’est qu’une des nombreuses cartes que compte jouer Tereos. Sur le marché européen, sa filiale TDD, qui affiche 15 millions de résultat net, va mettre la main sur la sucrerie Vrdry, basée en République tchèque, et ajouter dans l’escarcelle du groupe 30 000 tonnes de quotas supplémentaires.

Développer l’éthanol sur le sol français

L’Hexagone n’est pas en reste. Dans le domaine de l’alcool et de l’éthanol, Tereos va également mettre la main à la poche. 90 millions d’euros vont être déboursés pour qu’une nouvelle distillerie d’une capacité de 3 millions d’hectolitres voie le jour d’ici le mois d’octobre à Origny Sainte-Benoîte, dans l’Aisne. Et en Seine-Maritime, à Lillebonne, la construction d’une éthanolerie de blé va être débutée en 2006 pour une mise en service fin 2007. « Elle transformera 840 000 tonnes de blé pour produire 3 millions d’hectolitres d’éthanol et 300 000 tonnes de drêches », précise le communiqué. Un investissement de 130 millions d’euros.

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Une activité tirée par le Brésil

Tereos poursuit donc sa politique de développement à un rythme soutenu. Déjà, en décembre dernier, Cf. Agra alimentation n°1907, du 1er décembre 2005, p. 21 la construction d’une troisième usine d’une capacité de 4 millions de tonnes au Brésil, via sa filiale Guarani avait été annoncée. 100 millions d’euros avaient cette fois été mis sur la table pour construire cette sucrerie-distillerie, qui devrait entrer en service en avril 2008. A l’horizon 2012, « les perspectives de tonnages de canne travaillés par Guarani s’élèvent à plus de 13 millions de tonnes ». Désormais deuxième sucrier européen derrière l’allemand Südzucker (voir encadré), le français attend beaucoup de son implantation en Amérique latine. La hausse de 2,7% de son chiffre d’affaires, qui atteint 1,757 milliard d’euros pour son exercice 2004/2005 est d’ailleurs réalisée « principalement grâce aux activités brésiliennes ». En revanche, la baisse de son résultat d’exploitation avant complément de prix, qui passe de 170,7 à 139,9 millions d’euros, est due à une mauvaise tenue de son activité sucre en France. Son résultat net consolidé est malgré tout en progression, passant de 50,8 à 61,3 millions d’euros. La nouvelle restructuration du secteur qui vient d’être réalisée par la fusion avec SDHF laisse sans doute présager au leader français de nouvelle synergies qui devraient se traduire par une meilleure efficience sur le marché hexagonal.