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Pêche-aquaculture Marine Harvest se réorganise et ferme deux sites en France

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La filiale française du leader mondial du saumon, le norvégien Marine Harvest, a annoncé lors d’un comité central d’entreprise le mardi 4 juin la fermeture de deux sites, entraînant la suppression de 450 emplois. Le groupe explique vouloir « restructurer ses activités en France pour les revitaliser et les pérenniser ». Cela passe par un abandon des productions à faible valeur ajoutée, et une production sur un outil industriel resserré. Il abandonnera également l’activité de traiteur frais à la marque Rolmer du site de Challans, pour lequel un repreneur est recherché. Le secteur du surgelé n’est pas concerné par cette réorganisation. D’autres sites en Europe sont également touchés.

La direction française du groupe norvégien, Marine Harvest, leader mondial du saumon, a officialisé hier son projet de restructuration de ses activités en France. Cela se traduira par la fermeture des sites de Poullaouen dans le Finistère (185 CDI et 100 intérimaires) et de Châteaugiron, près de Rennes en Ille et Vilaine (109 CDI et 50 intérimaires). Ces opérations font partie « d’un vaste projet de restructuration pour revitaliser et pérenniser nos activités en France », nous a indiqué Siska Bourgeois, en charge du service communication en Belgique. Pour elle, « la baisse de la consommation en France, la hausse des prix des matières premières et la concurrence étrangère liée à des salaires plus bas, nous imposent de prendre des décisions sur notre approche du marché français ».

Recentrage sur les produits haut de gamme

L’approche retenue est de se concentrer sur les produits à plus forte valeur ajoutée, premium et milieu de gamme et de délaisser les produits de bas de gamme. Le groupe décline actuellement quatre types de produits. L’activité frais, sous la marque Marine Harvest, est répartie entre Boulogne-sur-Mer (122 salariés), Lorient (58 salariés) et Rennes-Châteaugiron. Ce secteur a vu sa marge d’exploitation fortement chuter. Le groupe souhaite se concentrer sur les produis multi-espèces et pré-emballés tout en rationalisant son outil devenu surcapacitaire. L’activité sera donc maintenue sur les deux premiers sites, le site principal étant à Boulogne-sur-Mer, où le groupe a investi en 2012 et 2013, 15 millions € et Lorient en site secondaire. Les activités seraient arrêtées à Rennes-Châteaugiron. Pour les produits fumés, sous la marque Kritsen, préparés dans les usines de Landivisiau, Châteaulin et Poullaouen, il n’y a pas de problème de surcapacité mais de débouchés pour les produits à bas prix et faibles marges. Ce secteur est en perte depuis 2012 et le groupe va donc se recentrer sur les produits haut et milieu de gamme et fermer le site de Poullaouen, avec des possibilités de reclassement interne dans les autres usines. Un investissement de 8 millions € sur deux ans est prévu à Landivisiau. Les activités de surgelés traiteur ne sont pas du tout touchées par la réorganisation, notamment le site de Dunkerque, à la marque Appeti’Marine mais une rationalisation des outils sera engagée. Les produits frais élaborés, sous la marque Rolmer, à Challans en Vendée seront abandonnés, Marine Harvest recherchant un repreneur.

Des négociations continuent

Selon le quotidien, Le Télégramme de Brest, Christian Troadec, président de Poher communauté (à laquelle appartient la commune de Poullaouen) a rencontré les dirigeants de Marine Harvest pour les convaincre de ne pas fermer le site et leur proposant même de participer au financement d’une nouvelle usine. Cette information est confirmée par Siska Bourgeois qui explique que des entretiens se poursuivent avec les élus et les responsables industriels du groupe pour analyser si de tels projets ont des marchés et peuvent se révéler viables. Mais précise, la responsable de la communication « si nous croyons vraiment dans l’avenir, ce ne peut-être que dans le haut de gamme ». L’ensemble de ce projet de réorganisation donne actuellement lieu à des consultations avec les instances représentatives du personnel et pourrait être mis en œuvre au premier trimestre 2014.

La France n’est pas la seule touchée

Le projet de réorganisation de Harvest Marine ne touche pas seulement les activités bretonnes, car, le même jour, le groupe annonçait « être déterminé à disposer d’une organisation de ses activités à valeur ajoutée (VAP) la plus efficace en termes de coûts» en Europe. Elle vise à plus d’efficacité par des technologies nouvelles et des opérations plus automatisées, selon le communiqué du siège. Le plan prévoit ainsi la réduction des sites de production sur le Vieux continent de 13 à 8 (dont les 2 en Bretagne). Seront affectés le Bénélux et la Pologne, où le groupe a récemment racheté son concurrent Morpol. Sur les 2 400 employés en Europe, 450 seront touchés par ces mesures, indique le communiqué qui ne prend en compte que les salariés permanents. Une provision de 27 millions € sera comptabilisée au deuxième trimestre de cette année au titre des frais de restructuration. Le groupe précise que l’ensemble de ses activités actuelles sera maintenu, mais réparti différemment entre les sites maintenus. La Pologne pourrait ainsi être chargé de la production des gammes à moindre prix actuellement produites en France.

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