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STRATÉGIE/QUALITÉ Marques, labels, écolabels, traçabilité… : la filière française veut rattraper son retard !

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Cherchant à rattraper leur retard, les opérateurs des produits de la pêche multiplient les initiatives en matière de signes distinctifs de qualité, au risque de brouiller un peu plus les choix du consommateur final.

La filière « produits de la mer » tend à empiler marques et certifications à souhait. Partie de rien… elle veut aujourd'hui rattraper son retard ! « Il y a encore peu, il n'existait aucun label dans la pêche », explique Sylvain Pruvost, président de la Scapêche en marge du Seafood de Bruxelles. Impossible de connaître les conditions de pêche, de suivre le cheminement de la marée de la mer à l'assiette… Comparativement à d'autres secteurs comme l'agriculture, la filière produits de la mer « était encore à l'âge de pierre », soulignait tout récemment un bon observateur du secteur. Mais les choses changent progressivement. Dès le début des années 1990, la filière a commencé par différencier le poisson sauvage du poisson d'élevage. Pour Sylvain Pruvost, ce fut « une première segmentation primordiale », car le consommateur n'était pas forcément réceptif à ce genre de différenciation.

UNE CERTIFICATION INDÉPENDANTE

Avec la première pêcherie certifiée MSC (Marine Stewardship Council) voici 15 ans, est apparue la classification de « cette organisation à but non lucratif ».

Son label suppose garantir au consommateur, par une certification indépendante et tierce partie, que les produits de la mer ainsi labellisés ont été pêché durablement et respectent les stocks de poissons et les écosystèmes marins. L'indépen-dance de ce label encore peu connu du grand public est parfois contestée par certains opérateurs de la filière.

MSC vient de faire valoir que 11 millions de tonnes de produits de la mer (12% environ de la pêche sauvage mondiale) proviennent d'un peu plus de 250 pêcheries certifiées et que 98 sont en cours de certification.

Selon l'organisation, on retrouve les produits MSC dans plus de 100 pays et 27 000 produits utilisent son label. La certification de la première pêcherie chinoise, Zoneco Group, vient d'ailleurs d'être annoncée au Seafood de Bruxelles ! En France, cinq chalutiers pélagiques de harengs ayant débarqué 3 245 tonnes de harengs en 2014 et portés par l'organisation de producteurs From Nord viennent d'obtenir cette certification qui reconnaît « les pratiques respectueuses de gestion des stocks de harengs ainsi que la préservation de l'environnement marin » le 23 avril dernier.

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Produits de la mer
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La filière française a réagi. Sont apparus des poissons arborant le label rouge, puis des produits sous le logo « Pavillon France ». Pavillon France explique vouloir « rassembler l'ensemble des professionnels de la filière et permettre l'identification et la préférence de la qualité, de la diversité des poissons issus de bateaux battant pavillon français ».

Autre initiative, celle de Nausicaá qui met en avant sa démarche « Mister Goodfish ». Lancé en mars 2010 par le centre national de la mer Nausicaá, ce programme veut sensibiliser les professionnels et le grand public à l'importance de la consommation durable des produits de la mer. Le programme entend rendre acteurs les consommateurs en publiant chaque trimestre une liste positive des produits de la mer conseillés, expliquant que toutes les espèces de poissons ne se consommaient pas 12 mois sur 12 !

Dernière initiative en date, le lancement de l'Ecolabel des produits de la pêche maritime avec son label « Pêche Durable » créé fin 2014. Initié dans le cadre du Grenelle de l'environnement, ce label associe un haut niveau d'exigence environnementale à des exigences éthiques et qualitatives. Une sorte de démarche RSE pour la filière pêche.

Ses promoteurs mettent en avant deux arguments choc : « Avec l'écolabel, pas de puissance d'argent et une gouvernance totalement indépendante ».

De quoi lancer le débat avec MSC !