Matahi, boisson à base d'infusion de baobab, prépare une levée de fonds pour accélérer son développement. La toute jeune société devrait réaliser environ 500 000 euros de chiffre d'affaires cette année, dont 70 % à l'export.
Exploiter la richesse nutritionnelle du fruit de baobab (vitamine C, B1, B1, acides aminés, calcium, potassium…), c'est l'idée qui a conduit Alexandre Giora et Raphaël Girardin, deux jeunes ingénieurs agronomes, à créer Matahi. Cette boisson sucrée à base d'infusion de fruits de baobab, lancée en 2013, a été récompensée par de nombreux prix, et commence à rencontrer un certain succès commercial. Vendue dans les réseaux spécialisés bio et certains points de vente très sélectifs (la Grande Epicerie, Colette, Lafayette Gourmet…), Matahi, qui revendique une présence dans mille magasins et huit pays, cible aussi les sportifs. « Notre produit est légèrement astringent. C'est intéressant dans le cadre d'une pratique sportive, car cela fait saliver », souligne Alexandre Giora. Plusieurs formats sont disponibles pour Matahi, qui travaille avec différents embouteilleurs. Cette année, les ventes devraient atteindre environ 500 000 euros, dont 70 % à l'export. Matahi, qui souhaite recruter une quatrième personne très prochainement, travaille à une levée de fonds afin d'accélérer son développement. Son montant n'est pas communiqué, mais elle devrait être réalisée auprès de partenaires financiers.
UNE COOPÉRATIVE PARTENAIRE AU BÉNIN
Les fruits transformés par Matahi proviennent de la cueillette sauvage au Bénin et sont certifiés bio. Pour assurer l'avenir, la jeune société travaille avec une coopérative locale. Cette dernière a planté 600 arbres qui devraient donner des fruits d'ici une dizaine d'années. La pulpe des fruits est ensuite transformée par Matahi, qui est installé dans les locaux de l'Inra à Montpellier. « Au Bénin, les graines sont broyées pour faire de l'huile et les fibres et les cabosses brûlées afin de produire de la potasse destinées à la fabrication de savon. Nous travaillons vraiment dans une logique zéro déchet », explique Alexandre Giora.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
A l'avenir, des déclinaisons agrémentées d'autres fruits pourraient être développées. Mais pour l'heure, les efforts des fondateurs portent plutôt sur la commercialisation de la pulpe. « Elle peut être utilisée comme texturant, comme farine sans gluten, dans la cosmétique ou la pharmacie », explique Alexandre Giora. Au Bénin enfin, les deux associés travaillent au développement d'une boisson destinée au marché local.
Le fruit du baobab, utilisé depuis des millénaires dans la médecine traditionnelle africaine, est l'un des plus riches anti-oxydants au monde (jusqu'à sept fois plus anti-oxydant que la grenade), ce qui protège des attaque des radicaux libres. Il contient aussi jusqu'à 30 fois plus de vitamine C que l'orange, les vitamines B1 à B12, huit des douze acides aminés, quatre fois plus de calcium que le lait, deux fois plus de fer que la viande rouge, plus de potassium que la banane, des ions et des minéraux en quantité. Le fruit du baobab est reconnu pour ses propriétés anti-inflammatoires, antalgiques et antipyrétiques. Il a un effet préventif sur la cataracte, les risques cardiovasculaires ou encore l'artériosclérose. Il contient enfin des fibres et des pré-biotiques. (Source : Matahi).