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Matrice applique la « culture start-up » à la formation agricole

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Créée en 2016 au sein de l’Ecole 42, fondée par Xavier Niel, l'association Matrice, désormais indépendante, n’avait jusqu’ici aucun lien avec l’agriculture. Son directeur général François-Xavier Petit la définit comme un « institut technologique » généraliste, accompagnant des start-up (programme d’accélération), de grandes entreprises ou institutions, et accueillant une résidence artistique. Le point commun de tout cela : le numérique et les sciences humaines.

«Récemment, nous nous sommes dits que nos compétences destinées aux entrepreneurs pourraient être utiles à de nouveaux publics, comme l'agriculture ou l'artisanat », explique François-Xavier Petit. C’est ainsi que Matrice a lancé en janvier la première session d’un programme de formation de six mois à l'entreprenariat agricole intitulé Atterrir (référence à un ouvrage de l'intellectuel Bruno Latour), suivie par une quinzaine de porteurs de projets.

La première cession a été notamment financée par le campus Hectar, fondé par Xavier Niel et Audrey Bourolleau, « ce qui a aussi contribué à avancer sa réflexion sur son projet ». Après ce premier travail commun, les deux structures continueront de proposer séparément leurs formations. L'association vise une quarantaine de personnes formées cette année, et 80 l'an prochain. Des effectifs comparables aux objectifs d’Audrey Bourolleau avec Hectar.
Avec Hectar, « nous avons des liens forts mais avons des publics et des cibles un peu différentes, précise François-Xavier Petit. Nous sommes davantage tournés vers les porteurs de projets qui s’installent, l’agriculture urbaine, les petites fermes, mais aussi les enfants d’agriculteurs qui veulent poursuivre l’exploitation différemment et toute autre personne qui désire changer de vie en s’orientant vers la terre ».

Les contenus ne portent pas sur les techniques agricoles, mais sur la création d'entreprise. «Nous ne proposons pas une formation agronomique, nous venons ensuite, comme un apprentissage de la façon d'encapsuler ces compétences, explique François-Xavier Petit. Dans les parcours actuels, il y a une forme de manque dans la capacité à innover, à penser ce que l'on fait comme un produit. Nous voulons appliquer cette culture venue des start-up à des projets agricoles.»

Le parcours inclut des cours de philosophie ou d’anthropologie. « Pour les consommateurs, il sera plus naturel d'écouter un agriculteur qui porte un discours sur ce qu'il fait, que de se fier uniquement à un packaging », explique cet agrégé d'histoire et d'anthropologie. Les éleveurs sont donc poussés à se forger un discours : « Nous interrogeons par exemple nos apprenants sur leur rapport à la nature, pour les amener à se positionner eux-mêmes sur ce qui est pour eux naturel, artificiel, sauvage... »

Matrice souhaite que ses formations agricoles restent gratuites à l’avenir. Actuellement, le financement de l’association est assuré à 20-30% par des fonds publics, dont ceux du programme d'investissement d'avenir (PIA), de la Région ou de l’Europe, et 75% de financements privés, en majorité grâce aux laboratoires d'innovation à destination des entreprises

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