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Conjoncture Mauvaise passe pour les fournisseurs de l’agriculture

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Les fournisseurs de l’agriculture ont connu une année médiocre en 2004. Réunis le 25 novembre par l’Association française des journalistes agricoles, les responsables des principales filières ont dressé le portrait d’une agriculture mal en point. Les ventes de semences et plants baissent de 2%, celles de produits phytosanitaires stagnent à un niveau bas et la production d’aliment du bétail baisse de 2% par an depuis plusieurs années. Seul le secteur du machinisme se porte bien. Et avec lui le secteur bancaire, qui finance l’acquisition de machines.

L’agrofourniture se porte un peu comme l’agriculture, c’est-à-dire pas très bien. C’est la principale conclusion qu’on peut tirer de la conférence organisée par l’Association française des journalistes agricoles le 25 novembre. Les entreprises de semences et plants connaissent un chiffre d’affaires stable, à 1,9 milliard d’euros. Mais les ventes en France sont en baisse de 2%. La baisse des ventes de semences est particulièrement sensible en céréales ce qui, d’après Philippe Gracien, directeur général du Gnis (semences et plants), serait lié à la réduction des doses de semis. La campagne en phytosanitaires est qualifiée de « petit cru » par Jean Charles Bocquet, directeur général de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Le chiffre d’affaires estimé à 1,74 milliard d’euros est équivalent à celui de la dernière campagne, qui n’était pas bon. Michel Bocquet constate avec regret que « les médias sont toujours aussi acharnés sur nos activités » et que « les politiques appliquent systématiquement le principe de précaution ». Il est notamment inquiet pour la protection contre les ravageurs du sol, surtout pour le maïs.

M. Bocquet prévoit qu’en 2005, « les agriculteurs continueront de raisonner leurs interventions ». Autrement dit, la reprise du marché n’est pas à l’ordre du jour.

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La montée en puissance du Brésil

La situation est plus déprimée pour l’alimentation animale, qui a enregistré une baisse de 1,3% en 2003. « La production plafonne », minimise Pierre Merlot, directeur du Syncopac (Fédération nationale de production de l’alimentation coopérative animale). Il n’empêche que, après une phase de forte progression de 1980 à 1995, la production a stagné pendant trois ans avant de diminuer depuis de 2% par an en moyenne. La volaille est particulièrement concernée, même si elle représente encore 40% de la production d’aliment du bétail. Pierre Merlot précise que « ce secteur est très lié aux débouchés des productions viandes ». Des secteurs en nette régression, notamment depuis la montée en puissance du Brésil.

La surprise du machinisme

Pour le machinisme, en revanche, tout va bien. Pour l’instant, Jean-Paul Papillon, responsable économie et communication au Sygma (Syndicat général des constructeurs de tracteurs et machines agricoles), avoue avoir été « surpris» par les résultats de la dernière campagne. Le marché des tracteurs a progressé de 3 %, celui des moissonneuses batteuses de 12 % et celui des ensileuses de 11 %. M. Papillon explique ces bons résultats par le prix élevé des céréales l’an dernier, la bonne tenue des prix de la viande bovine et le rélèvement du seuil des plus-values, qui permet de revendre d’anciennes machines à leur valeur commerciale, sans être imposé sur la valeur comptable. Le projet de développement des biocarburants offrirait également des perspectives en zones de grandes cultures. L’année 2005 pourrait être en diminution, selon lui. Même s’il avait prévu la même chose en 2004. Michel Clavé, directeur agriculture et agroalimentaire au Crédit agricole, avait lui aussi le sourire. Et pour cause, les prêts pour l’acquisition de matériel agricole ont fortement augmenté. Les encours agricoles, qui étaient de 32 milliards d’euros fin 2003, on progressé de 2%. Les investissement ont été stimulés par les taux particulièrement bas, qui permettent aux agriculteurs de se passer des prêts bonifiés dans un grand nombre de cas. Le matériel agricole représente plus de 40% des besoins en financement des agriculteurs. Malgré tout, d’après Michel Clavé, « la situation n’est pas bonne en agriculture et agroalimentaire ». Ce qui n’empêche pas l’activité agricole de la banque verte de bien se porter. Les prêts pour financer l’achat de machines agricoles ont progressé de 2,5 % sur les neuf premiers mois de 2004, par rapport à la même période de 2004.