Abonné

STRATÉGIE/ RELATIONS COMMERCIALES McDonald's France communique sur la contractualisation

- - 6 min

Le salon de l'agriculture a été l'occasion pour mcdonald's france de communiquer largement sur sa politique de contractualisation et sur ses relations avec l'amont. mais l'avancement de la démarche et la transparence sur les origines des approvisionnements sont inégaux selon les filières.

PReSQue toutes les filières d'approvisionnement de chez Mcdonald's France sont passées au fil de la contractualisation. le groupe a profité du Salon de l'agriculture, vitrine idéale pour mettre en valeur ses relations avec l'amont, pour des annonces sur les filières blé, viande bovine et volaille.

C'est incontestablement dans la filière céréales que la démarche est la plus aboutie, la part de volumes contractualisés à prix fixe passant de 25 % à 50 % des approvisionnements de Mcdonald's France. Sans doute est-ce aussi la plus facile à traiter, un grain de blé étant infiniment plus simple à commercialiser et à transformer qu'un animal.

BLé : 50 % des approVisionnements ContraCtuaLisés à prix fixe

Mcdonald's France, les Grands Moulins de Paris, east Balt France et les coopératives Valfrance, France Gâtinais Céréales et Beauce Gâtinais Céréales ont annoncé le 26 février la prolongation d'un accord signé en 2012 pour les récoltes de 2015 et 2016, portant sur des volumes deux fois plus importants, soit 50 % des approvisionnements de Mcdonald's France en petits pains. Cet accord, portant sur 17 000 tonnes de blé, achetées à prix fixe, inclut l'arrivée d'un nouveau partenaire, Axéréal. en 2012, un accord concernant 25% des approvisionnements en blé pour fabriquer les petits pains d'east Balt à destination de Mcdonald's France avait déjà été conclu. east Balt fournit à Mcdonald's France 650 millions de petits pains par an, confectionnés à partir de 27 980 tonnes de farine (36 338 tonnes de blé). Si l'ensemble des approvisionnements en blé sont sous contrat, une moitié sera donc maintenant achetée à prix fixe.

séCuriser Les approVisionnements de BLé de forCe

Globalement, il s'agit pour 20% de blé meunier et pour 80% de blé de force, une céréale plus contraignante à produire et donc plus rare. le prix moyen du blé meunier, stocké à la ferme, est fixé aux alentours de 185€/t. Celui du blé de force, payé à l'agriculteur, se monte à 235€/t, soit 250-260€/t sortie organisme stockeur. Pour olivier legrand, administrateur d'Axéréal, « cet accord a permis de développer un marché de niche ». Pour autant, afin de garder une certaine adaptabilité aux fluctuations des cours mondiaux, « il n'est pas question de passer à 100% des approvisionnements à prix fixe, peut-être 75%... L'idée est de donner une visibilité avec des partenaires capables d'absorber les fluctuations du marché », avance laurent Vittoz, directeur des achats du pôle meunerie pour les Grands Moulins de Paris. Quant à l'origine des blés utilisés par east Balt, Christophe Blaise, directeur général de l'entreprise en France l'assure, elle est 100 % française.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

contractualisation
Suivi
Suivre
Viande BoVine : La ContraCtuaLisation reste marginaLe

le même jour, Mcdonald's France a également revendiqué la signature d'un nouveau contrat d'approvisionnement en viande bovine entre McKey (Keystone), son principal fournisseur, Moy Park (groupe Marfrig, fournisseur complémentaire), Puigrenier (abatteur), ainsi que la SICAGIeB et la CCBe, deux organisations de produc-teurs. Ce contrat prévoit un prix fixe, demeuré confidentiel, pour une durée de six mois, le temps d'engraissement des animaux. Actuellement, près de 1 000 jeunes génisses allaitantes sont concernées, soit une infime partie des approvisionnements (12 000 bœufs et jeunes bovins sous contrats en 2013 sur un total de 330 000 animaux abattus). la particularité de ce contrat provient d'une valorisation en France d'ani-maux habituellement exportés. Pour ce faire, le prix proposé, indexé sur celui des céréales, est plus attractif que celui du marché export, mais reste inférieur à celui pratiqué pour les bœufs et jeunes bovins. en termes de cahier des charges pour les industriels, cette production reste cependant intéressante (couleur de la viande, tendreté, épaisseur, taille des morceaux…). la contractualisation peine dans la filière viande bovine du fait notamment des problématiques liées à l'équilibre de la carcasse. trouver des partenaires permettant de valoriser tous les morceaux de l'animal reste compliqué. Cette production de jeunes génisses allaitantes avait « une capacité à s'équilibrer sur le marché français », justifie Jean-Marc Spanghero, directeur pour la viande de bœuf et les produits préparés chez MoyPark. du côté des éleveurs, « ce contrat représente un challenge car nous devons être aptes à mettre en place la quantité et la régularité de cet approvisionnement », reconnaît Maurice Chopin, président de la SICAGIeB. Près de 80 éleveurs seraient concernés par la démarche. en viande bovine, 50% des approvisionnements de Mcdonald's France sont d'origine française et 7% de ceux-ci sont sous contrat.

VoLaiLLe : un Contrat d'un an à prix fixe renouVeLaBLe

enfin la veille, Mcdonald's France avait annoncé la mise en place d'un accord quadripartite sur ses approvisionnements en volailles. Il porte sur la fourniture de 8 000 tonnes de viande de poulet à prix fixe sur un an, pour une durée de deux ans. Jusqu'ici, les volumes et prix étaient tous déterminés trimestriellement. les volailles, fournies par le groupement d'éleveurs le Gaévol, sont abattues par Boscher Volailles (Sofiprotéol), qui fournit Mcdonald's France depuis 20 ans. les produits sont ensuite transformés à 80 % par Cargill et 20 % par Moy Park.

Alors que la proportion des approvisionnements contractualisés est claire dans les filières blé et viande bovine, les partenaires de la filière volaille sont plus évasifs. « Notre production atteint 16 à 17 000 tonnes et nous travaillons à 30 % pour McDonald's, mais pas seulement pour la France », explique Paul lopez, directeur général de Boscher Volailles. l'accord présenté le 25 février est rendu possible « par une hausse significative des volumes », sans plus de précisions. la part de la France dans les approvisionnements est également tenue secrète. « Nous ne pouvons pas nous fournir seulement en France, explique Samia Martel, responsable compte clé chez Cargill. Ce serait trop risqué, par exemple en cas d'épizootie. » l'incapacité du Brésil à garantir des volailles nourries sans oGM a poussé Cargill et Moypark à revenir à des approvisionnements 100 % européens, en provenance de France, mais aussi des Pays Bas et d'Allemagne. Sans qu'on sache quelle est la part de la France dans le total.