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Contractualisation McDonald’s signe son premier contrat pluriannuel avec les producteurs de blé

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Le 14 février, McDonald’s a signé un contrat pluriannuel de 3 ans avec plusieurs acteurs de la filière blé. Dans une période de forte volatilité des prix, cette contractualisation permet aux producteurs de sécuriser leurs revenus. Le contrat assure également une meilleure visibilité des coûts d’achats à la meunerie et à McDonald’s.

Le 14 février, McDonald’s a signé un contrat pluriannuel sur 3 ans avec les coopératives et meuneries qui fournissent l’enseigne de restauration rapide (East Balt France, Nutrixo, Valfrance et Beauce Gâtinais Céréales). Ce « contrat à prix ferme et garanti est basé sur les prix de revient de l’agriculture, et se déconnecte des prix de marché », a expliqué Sébastien Bordas, directeur des achats pour McDonald’s France. Le contrat fixe ainsi un prix ferme pour 8 500 tonnes de blé à partir de la récolte 2012, soit 25 % des volumes destinés à McDonald’s (les 75% restants sont contractualisés sur une période d’un an). Un volume qui a vocation à progresser dans les années à venir, selon les responsables de McDonald’s. Le blé panifiable meunerie française (BPMF) sera donc payé 180 €/t départ coopérative. Le blé de force, plus riche en protéines, sera payé 235 €/t.

Un « prix ferme », mais ajustable

Le contrat prévoit tout de même une variation de plus ou moins 25€ pour le blé de force selon le prix de l’azote. « Seul l’intrant azoté (est) pris en compte comme pouvant faire fluctuer le prix ferme convenu », explique un communiqué de presse des différents signataires daté du 14 février. McDonald’s considère en effet que le prix de l’azote « est la principale variable que l’agriculteur ne peut pas contrôler ». Le blé BPMF, par contre, restera à 180€/t, quelle que soit l’évolution des coûts de production supportés par les céréaliers. « Ce prix contribuera à rémunérer l’agriculteur à 170€/t. Un bon prix puisque, depuis 5 ans, le prix moyen a oscillé en 105 et 170€ », a précisé Michel Bartolo, directeur général de Beauce Gâtinais Céréales. Néanmoins, les organismes stockeurs ayant chacun leur accord, le prix payé au producteur reste variable. D’autant plus que la qualité aura également son influence. Concernant le blé de force, « le cahier des charges qualité est extrêmement précis. Sur la qualité de base, avec la teneur en protéines minimums requise, nous allons être à 205, 210€/t, ce prix pouvant s’élever jusqu’à 220 selon la qualité protéinée », a expliqué Michel Bartolo.

Des bases environnementales

Cette contractualisation apporte également un volet écologique. « Le contrat contient un cahier des charges environnementales », a tenu à préciser Sébastien Bordas. Ainsi les différents signataires se sont fixé un objectif de réduction de l’utilisation d’intrants, des émissions de gaz à effets de serre, et de l’impact des cultures sur la biodiversité. « Depuis 30 ans nous avons abaissé de 20% les apports d’azote tout en préservant la qualité », s’est d’ailleurs vanté Michel Bartolo. «Nous travaillons de nouvelles pistes, notamment les apports de dynamique organique », a-t-il développé. Un engagement d’autant plus important que McDonald’s France serait un exemple pour les autres restaurants de la chaîne à l’étranger. « Ce qu’on fait est toujours très regardé, que ce soit sur les décors, sur notre offre alimentaire ou sur la manière dont on évolue sur les questions agricoles », a soutenu Sébastien Bordas.

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