Les producteurs de viande bovine de l’UE s’inquiètent, alors que les pourparlers entre les institutions européennes (« trilogues ») sur l’actualisation du cadre législatif régissant les médicaments vétérinaires sont dans leur phase finale (1). Le président de leur groupe de travail au sein du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE), Jean-Pierre Fleury, tire la sonnette d’alarme, se demandant, dans un entretien avec Agra, si « l’Europe assume ses propres standards et aura le courage de les imposer aux pays tiers fournisseurs ».
En cause : une disposition dans le texte sur la table prévoyant certes l’interdiction des importations de viandes de pays tiers qui utilisent des antibiotiques comme facteurs de croissance – pratique prohibée dans l’UE depuis 2006 –, mais à une condition : que cette interdiction soit compatible avec les accords de l’OMC.
Une condition que rejettent totalement les négociateurs du Parlement européen, mais sur laquelle doivent encore se positionner les États membres. C’est donc « l’heure de vérité », estime Jean-Pierre Fleury, ajoutant que « l’UE ne doit pas avoir honte » des normes sanitaires qu’elle s’impose à elle-même.
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Le risque est en effet que la Commission européenne, qui a introduit cette référence aux accords internationaux pour obtenir l’aval du Conseil des Vingt-huit, n’ose pas appliquer l’interdiction d’importation de viandes en provenance de pays recourant aux antibiotiques comme facteurs de croissance des animaux, de crainte d’être mise en défaut si l’un de ces fournisseurs porte plainte à l’OMC.
Selon Jean-Pierre Fleury, il revient maintenant aux dirigeants politiques des États membres qui font de la sécurité alimentaire une priorité de « tenir leur parole ».
(1) Voir n° 3624-3625 du 25/12/17