Salariés et patrons du secteur ont manifesté le 1er février à Pretoria devant la représentation de l’UE, accusée d’être à l’origine d’une récente vague de 4 à 5000 suppressions d’emplois qui met en péril l’avenir de la filière. Numéro 1 de la volaille sud-africaine, RCL Foods a ainsi annoncé la semaine dernière 1 355 licenciements, soit un cinquième de ses effectifs, et mis en vente 15 de ses 25 fermes. A en croire son patron, ce dégraissage massif a pour seule cause la concurrence féroce du poulet européen, dont les volumes d’importation ont été, dit-il, multipliés par dix en sept ans. Les pays de l’UE ont fourni à eux seuls près de la moitié (44 %) de la volaille étrangère consommée en Afrique du Sud, à quasi-égalité avec le Brésil avec 43 % des importations, selon les statistiques officielles de l’industrie sud-africaine. Selon les chiffres européens, les morceaux de poulet de l’UE couvrent 14 % de la consommation sud-africaine. Ces importations sont notamment constituées des morceaux les moins nobles des poulets européens, tels que les pilons, exportés à des prix inférieurs de 30 à 50 %, précisent les producteurs sud-africains, à ceux pratiqués par les producteurs locaux. Pour tenter de protéger sa production locale, le gouvernement sud-africain a augmenté dès 2015 sa taxation des volailles étrangères. En décembre dernier, il en a mis en place une autre, malgré l’entrée en vigueur l’an dernier d’un accord de partenariat économique (EPA) avec l’Europe des 28.
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