Le premier torréfacteur français à capitaux indépendants annonce pour sa marque Méo une gamme de 7 nouvelles capsules de café biologique, et prévoit d’utiliser des capsules biodégradables l’année prochaine. Et pour le réseau des magasins bio, Méo-Fichaux réfléchit à relancer Japa, une marque de café régionale connue dans le nord de la France.
A 90 ans, plus vert que jamais ! Telle pourrait être, en résumé, la situation de Méo-Fichaux. Ce torréfacteur à capitaux exclusivement familiaux, né de la réunion de Méo (famille Meauxsoone) et Fichaux (famille Fichaux-Ruyant), fête cette année ses 90 ans. Depuis ces dernières années, l’entreprise a développé ses gammes biologiques qui prennent de plus en plus d’importance. « Le bio représente aujourd’hui 20 % de nos ventes sous la marque Méo et pourrait à terme représenter 50 % », prévoit Dominique Ruyant, directeur général de Méo-Fichaux. La gamme de produits bio est aujourd’hui composée de mélanges ou de pures origines, en moulu ou en capsules compatibles Nespresso.
Les références biologiques, qui sont presque toutes labellisées Max Havelaar, vont en outre faire l’objet d’une petite révolution avec le passage en capsules végétales à compter de la mi-2019. « Le passage à la capsule biodégradable et compostable industriellement est un changement qui va concerner toutes nos gammes, pour les produits sous notre marque et ceux que nous fabriquons pour les distributeurs ou les industriels », poursuit Dominique Ruyant.
Une marque pour le circuit bio
Méo-Fichaux compte aussi creuser le sillon du bio en allant chercher de nouveaux circuits de distribution. Face à l’émergence des magasins spécialisés en alimentation biologique, le torréfacteur réfléchit à proposer une marque spécifique, conformément à la volonté de ces distributeurs. « Il est possible que nous utilisions la marque Japa, que nous avons dans notre portefeuille, une marque ancienne mais connue seulement dans notre région », explique le DG. « Rien n’est encore arrêté, et nous prendrons notre décision sur ce sujet en 2019 », prévoit-il.
La grande distribution, son seul canal de commercialisation jusqu’à maintenant pour sa marque Méo, fait de plus en plus de place à cet acteur qui apporte de la variété dans un rayon dominé par des marques internationales. Pour cela, le torréfacteur peut faire valoir son statut de première entreprise de son secteur à être détenue par des capitaux français, et sa fabrication exclusivement en France. « Nous voulons encore faire grandir Méo, qui a réalisé de belles progressions ces dernières années : nous avons doublé les ventes en GMS en 10 ans, et nous devrions atteindre presque 20 millions d’euros de recettes via ce canal de distribution en 2018, souligne le DG, avec deux ans d’avance sur nos prévisions. »
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MDD et industriels, ces clients vitaux
Toutefois, l’entreprise tient à tenir sur ses deux jambes en ne délaissant pas non plus le travail à façon. « Sur un chiffre d’affaires consolidé de 140 millions d’euros en 2018, 85 % sont réalisés pour le compte des distributeurs et des industriels », détaille le DG. « Ces derniers nous apprécient pour notre rapidité à réagir et pour notre expertise dans les lancements de nouveaux produits en petites séries », poursuit Dominique Ruyant. Parmi ses grands clients, il faut citer JDE et Lavazza (pour Carte Noire), et de nombreux distributeurs, essentiellement français, et quelques-uns à l’étranger.
Pour nourrir ces différents projets de développement, le torréfacteur nordiste a investi massivement ces dernières années pour répondre à l’émergence de la capsule compatible Nespresso. Ce segment est devenu incontournable car fortement créateur de valeur ajoutée avec une progression annuelle des ventes en valeur de 30 % par an en GMS. Entre 2013 et 2017, Méo-Fichaux a ainsi investi près de 15 millions d’euros dans trois lignes de production. La première ligne qui fabriquait des capsules pré-percées (première génération) a été suivie de deux lignes de capsules hermétiques, qui deviennent la norme aujourd’hui. L’entreprise réfléchit en ce moment à adapter ses lignes anciennes pour les convertir à la fabrication de capsules hermétiques, et bientôt de capsules biodégradables.
L’année prochaine, Méo planifie un investissement de 3,5 millions d’euros pour agrandir les bâtiments de son site de La Madeleine, qui avec celui près de Lille, a permis de produire 34 000 tonnes de café moulu, en grains, et de plus en plus en dosettes.