Abonné

Produits de la mer/Acquisitions Meralliance rachète ESCo et affiche ses ambitions européennes

- - 5 min

Merialliance, leader national du marché du saumon et des poissons fumés ou marinés à marque de distributeur, vise désormais la première place en Europe, se donnant les moyens de ses ambitions. Après l’acquisition en 2008 de Meralliance Poland, la société vient d’acheter la société ESCo en Ecosse, fortement implantée sur le marché britannique auprès de la grande distribution. Meralliance veut également optimiser son outil logistique et vient de créer une filiale dédiée qui veut proposer ses services à d’autres PME bretonnes pour mutualiser les coûts.

La PME quimpéroise, leader national du marché du saumon et des poissons fumés ou marinés à marque de distributeur, vise désormais la première place en Europe, se donnant les moyens de ses ambitions. Après l’acquisition en 2008 de Meralliance Poland, la société vient d’acheter la société ESCo en Ecosse, fortement implantée sur le marché britannique auprès de la grande distribution. Basée à Dingwall, près d’Inverness, dans le nord de l’Ecosse, la société Edinburgh Salmon Company produit du saumon frais, en filets ou en portions, et du saumon fumé, à destination du marché britannique. Elle réalise un chiffre d’affaires de 35 millions de livres sterling, soit environ 42 millions d’euros, principalement auprès de ASDA, 2e distributeur britannique, et filiale de Wal-Mart, numéro 1 mondial de la distribution. Les volumes produits sont de plus de 2 000 tonnes en saumon frais, et plus de 800 tonnes en saumon fumé, avec également 200 tonnes de truite. Elle vient ainsi parfaitement compléter les activités de Meralliance qui réalise 90 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 550 salariés. Le groupe bénéficie d’une capacité de production importante avec plus de 5000 tonnes produites en France, et 2000 tonnes en Pologne.
« À partir de notre base historique forte en France, avec notre bureau à Bergen en Norvège, et Meralliance Poland, notre dispositif opérationnel couvre maintenant tous les territoires importants du saumon en Europe », affirme Gilles Charpentier, président de Meralliance. Les synergies porteront sur les achats (notamment matières premières), l’expertise technique et la commercialisation d’une gamme particulièrement étendue et inédite de produits issus des usines française, polonaise et écossaise. « La complémentarité entre Meralliance et ESCo est totale », qu’il s’agisse des marchés ou des produits. Nous parlons véritablement un langage commun, car nous faisons le même métier, et nous partageons les mêmes fondamentaux : qualité, innovation et service », complète Gilles Charpentier. Avec l’acquisition de la société ESCo, le groupe Meralliance comptera plus de 800 salariés et réalisera un chiffre d’affaires de plus de 130 millions d’euros. La société écossaise semble confiante dans cette alliance, car elle vient d’annoncer la signature d’un contrat de 170 000 livres avec la compagnie de Glasgow, Ace Refrigeration pour augmenter ses capacités de stockage afin de faire face à l’augmentation de chiffre d’affaires qu’elle escompte de ce rapprochement.

Vers une mutualisation des moyens logistiques
Après deux années de réflexion, Meralliance a franchi le pas et officialisé le 2 avril, la naissance d’une filiale entièrement dédiée à la logistique, sur la plateforme historique du site de Landivisiau, ancienne usine Narvik. Celle-ci a toutefois été largement modernisée pour répondre aux dernières normes de qualité. Celle-ci compte s’ouvrir à d’autres PME de la région pour mutualiser leurs besoins de logistique et rentabiliser au mieux cette unité performante. Cette filiale disposera d’une plateforme offrant 8 000 m2 de stockage, d’une capacité de 2000 palettes, 5 500 m2 étant utilisables en froid positif. Afin d’anticiper sur les futures normes sanitaires qui verront l’interdiction du fréon dans les systèmes de refroidissement, la société a investi près de 1,5 million d’euros dans des procédés homologués pour le futur. Cette supply-chain, excède cependant les besoins du groupe à lui seul. Elle est capable de traiter jusqu’à 200 000 colis par semaine, mais n’est utilisée pour les besoins de MerAlliance ou Armoric, l’unité de Quimper pour les produits haut de gamme, qu’à 50% en basse saison et 70% en haute saison. L’idée a donc mûri d’ouvrir cet outil à d’autres industriels du groupe afin de mieux optimiser les capacités de traitement et les 70 personnes travaillant sur le site. L’idée de faire profiter d’autres industriels d’un tel outil a vu le jour en 2008, a connu ses premiers pas concrets en 2009-2010, en offrant une simple prestation de stockage d’œufs et yaourts, explique Laurent Jamier, directeur de la filiale. Il y a un an, un premier contrat plus global a été finalisé avec la société Délices du Chef pour les blinis et crêpes fraiches à destination des GMS et de la grande distribution, les acheteurs traditionnels de MerAlliance. Laurent Jamier ne compte pas en rester là et espère attirer d’autres industriels, principalement des PME, pour « massifier nos flux communs de transport » et ainsi diminuer les coûts, face à la hausse du gas-oil et des eco-taxes, fluidifier les livraisons (réduction des ruptures de charge, lieux de livraison communs) et participer à la réduction des émissions de CO2.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

grande distribution
Suivi
Suivre
acquisition
Suivi
Suivre