Carrefour a exprimé sa solidarité aux éleveurs français s’engageant à ne pas distribuer de viande du Mercosur en France. Il a dû préciser ses propos à l’encontre de la viande du Mercosur pour défendre ses intérêts au Brésil.
Carrefour a été vivement critiqué au Brésil, où le distributeur est très implanté, à la suite d’une déclaration publique le 20 novembre appelant à ne pas distribuer en France de viande en provenance du Mercosur, ce qui a poussé le p.-d.g. Alexandre Bompard à présenter ses excuses au gouvernement brésilien. Il « s’est rétracté sur le point le plus important, quand il dit que le Brésil respecte les normes » a commenté le ministre de l’Agriculture du Brésil, Carlos Favaro, à qui Alexandre Bompart a écrit en début de semaine. Le p.-d.g. de Carrefour avait en effet évoqué le « risque de débordement sur le marché français d’une production de viande ne respectant pas ses exigences et ses normes » dans un message adressé à Arnaud Rousseau la semaine précédente et publié sur le réseau social X. Il disait aussi au président de la FNSEA vouloir « inspirer les autres acteurs de la filière agroalimentaire », et « en particulier les acteurs de la restauration hors domicile », fortement importateur.
Appel au boycott du gouverneur du Mato Grosso
La communication du géant français a déclenché une vague de réactions au Brésil où il réalise près du quart de son chiffre d’affaires. Le gouverneur de l’État du Mato Grosso a lancé un appel au boycott des magasins Carrefour sur le territoire brésilien. « Si le Brésil ne peut pas vous vendre de la viande, alors vous non plus vous ne vendrez pas de produits français », a-t-il déclaré dans une vidéo sur les réseaux sociaux. L’industriel brésilien de la viande JBS a « suspendu totalement » ses livraisons, selon une source interne.
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Carrefour a dû se fendre d’une lettre d’excuse auprès de Carlos Favaro, que l’AFP a consultée : « Nous savons que l’agriculture brésilienne fournit une viande [qui se caractérise par] sa haute qualité, son respect des normes et sa saveur », écrit M. Bompard. « Si la communication de Carrefour en France a causé une confusion et a été interprétée comme une remise en cause de notre partenariat avec l’agriculture brésilienne, nous nous en excusons ».
Carlos Favaro a considéré que l’« attitude intempestive » de M. Bombard avait été « rectifiée à temps », et déclaré l’incident clos. L’Association brésilienne des exportateurs de viande (Abiec) a dit « recevoir avec satisfaction les excuses et la reconnaissance de l’excellence des produits et des producteurs brésiliens », et JBS, dans un communiqué à ses actionnaires, a indiqué que « le calendrier de livraisons des produits de viande bovine avait été repris ».