A-t-on vraiment mesuré, en Europe, le sens à donner à la victoire de Donald Trump aux États-Unis ? Même si le système électoral US lui a permis d’être élu avec un million de voix de moins que Hillary Clinton, son élection est le fruit d’une vraie révolte des classes les plus délaissées par l’establishment de Washington.
En France, plusieurs élections ont déjà montré, dans les milieux ruraux, dans les zones désindustrialisées, dans les cités sans droit, à quel point ces populations veulent, elles aussi, s’exprimer par un vote protestataire.
L’agriculture est concernée en première ligne. Peut-on réellement penser qu’après deux ans de crise sévère, de remise en cause de l’avenir, de familles endeuillées par des suicides plus nombreux, d’abandons obligés de son métier, d’angoisses face aux désordres climatiques, ceci n’aura pas d’effet sur le scrutin présidentiel ?
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Qu’y a-t-il en face pour y répondre ? Des candidats bien parisiens, tenant des discours classiques, voire conventionnels, à droite comme à gauche ; un nouveau venu qui prône la rupture avec un système dont il est presque une caricature ; des rêveurs tenant eux aussi un discours de rupture en apparence mais surtout totalement déconnecté des réalités économiques ; une candidate d’extrême-droite qui joue sur la peur, la haine et le déni économique, etc.
N’y a-t-il donc pas de candidats à la fonction présidentielle pleinement averti des réalités économiques mais tout aussi conscient des nouvelles pauvretés dans ce pays, des nouveaux laissés-pour-compte ? En mars prochain, tous ces candidats viendront faire un tour au Salon de l’agriculture. Mais ils devraient, avant cela, aller voir ce qui se passe dans les zones rurales.