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EMBARGO RUSSE/FRUITS ET LÉGUMES Mesures supplémentaires envisagées pour alléger l'impact sur les marchés européens

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Le soutien de l'Union européenne en faveur de certains pays producteurs de fruits et légumes lésés par l'embargo russe devrait se poursuivre en 2015. C'est en tout cas l'intention de la Commission européenne qui compte proposer des mesures d'urgence supplémentaires pour atténuer les perturbations du marché résultant de l'embargo russe sur les importations de certains produits agricoles de l'UE. Ces mesures consistent essentiellement en des retraits du marché de fruits et légumes dans une douzaine d'États membres exportateurs vers la Russie. Ces mesures pourraient se poursuivre jusqu'à la fin juin 2015.

La Commission européenne envisage de prolonger le régime d'aide lié à l'embargo russe jusqu'au 30 juin 2015. Une décision prise alors que cet embargo continue de produire ses effets sur le marché intérieur et que le programme actuel de soutien exceptionnel de l'UE aux producteurs européens de fruits et légumes concernés par ces interdictions expire le 31 décembre 2014. Les quantités de fruits et légumes admissibles au programme de retrait du marché pour distribution gratuite aux institutions de charité, écoles et autres banques alimentaires seront financées à 100 % par les caisses européennes. Les retraits pour une utilisation non alimentaire (par exemple le compostage), bénéficieront d'un taux de soutien de l'UE plus faible. Quant aux producteurs qui opteraient pour l'option « non-récolte », ils percevront un taux de soutien encore plus bas. Comme précédemment, les mesures d'aide supplémentaires seront également accessibles aux producteurs qui ne sont pas membres d'organisations de producteurs (OP), mais le niveau de financement de l'UE sera plus élevé pour les producteurs membres des OP (75 % du chiffre prévu, comparativement aux 50 % pour les non-membres).

Commentant les mesures supplémentaires en faveur du secteur des fruits et légumes, le nouveau commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan, a indiqué que « ces mesures d'urgence ont contribué à alléger la pression sur le marché des fruits et légumes des producteurs touchés par l'interdiction russe ». Cependant, il a aussi précisé qu' « une pression à la baisse sur les prix persiste pour certains produits dans certaines régions de l'UE » et qu'il est donc nécessaire de « fournir un soutien continu pour le secteur également au cours de la nouvelle année », soutien considéré « comme un filet de sécurité pour les producteurs qui n'ont pas été en mesure de trouver d'autres débouchés à leurs produits ». La Commission européenne affirme qu'elle suit le développement du marché intérieur pour tous les secteurs concernés par l'embargo russe sur les importations de certains produits agricoles et alimentaires (en particulier les viandes, les produits laitiers et des fruits et légumes) en contact étroit avec les États membres. Elle souligne qu'elle n'hésitera pas à soutenir les secteurs fortement tributaires des exportations vers la Russie et à adapter les mesures déjà annoncées, si nécessaire.

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POLOGNE ET BELGIQUE, PRINCIPAUX EXPORTATEURS SUR LA RUSSIE

Les principaux pays de l'UE exportateurs de fruits frais vers la Russie sont la Pologne, la Belgique, la Lituanie et l'Espagne : la Pologne est à l'origine de 41 % des exportations, tandis que les trois autres pays représentent 10 à 13 % chacun (en quantité). Pour les légumes, les principaux exportateurs vers la Russie sont les Pays-Bas, la Lituanie et la Pologne, qui représentent respectivement 34 %, 25 % et 16 % des exportations (en quantité). Néanmoins, ces chiffres (basées sur les données statistiques de l'UE), ne reflètent pas toujours la véritable origine des produits (c'est-à-dire le pays de production), car ils sont influencés par le commerce intra-UE. Qu'on en juge : avec très peu de production (et presque pas de production de fruits), la Lituanie est un canal important pour les réexportations vers la Russie de fruits et légumes frais importés d'autres producteurs de l'UE tels que l'Espagne, les Pays-Bas et l'Allemagne. La Pologne et la Belgique jouent un rôle similaire pour des produits spécifiques. Sans tenir compte de ce commerce intérieur, les principaux fournisseurs de fruits frais de l'UE vers la Russie sont la Pologne (7%), l'Espagne (6%), la Grèce (4%), l'Italie (3%) et la Belgique (2%). Pour les légumes frais, les Pays-Bas (10%), la Pologne (9%), l'Espagne (8%) et la Belgique (2%) sont les principaux fournisseurs de la Russie (chiffres en valeur moyenne pour 2012/2013).