Le Metam sodium, responsable de plusieurs intoxications dans le Maine-et-Loire, est un produit autorisé sous certaines conditions. Les associations de défense de l'environnement demandent son interdiction pure et simple.
La préfecture du Maine-et-Loire a annoncé, le 12 octobre, la « suspension temporaire » jusqu’au 26 octobre de l’utilisation du produit phytosanitaire Metam sodium. Une décision prise après plus de soixante-dix cas d’intoxication d’ouvriers agricoles et de riverains à proximité d’exploitations maraîchères entre le 9 et le 12 octobre dans le département.
Les personnes touchées souffraient « d’irritation oculaire et des voies respiratoires ». Dix-sept ont été hospitalisées après cette intoxication. Selon l’AFP, les exploitants agricoles n’ont pas respecté les règles « encadrant l’utilisation de ce produit », ce qui a permis sa prolifération dans l’air aux alentours des cultures.
L’utilisation de ce pesticide, herbicide et fongicide, est d'ailleurs fortement réglementée dans le département par un arrêté du 20 janvier 2017. Le Metam sodium a en effet toxique pour les êtres humains et les animaux. Il est soupçonné d’être cancérigène, et a des effets néfastes sur l’eau.
Un produit interdit, puis ré-autorisé
Ce produit a d’ailleurs été interdit par l’Union européenne lors d’une décision du Conseil de l’UE en 2009, après la publication d’un rapport de l’Efsa de 2008, pointant du doigt ses nombreux risques. Pourtant, 15 Etats européens ont continué à l'utiliser, grâce à des dérogations. Il a finalement été ré-autorisé en 2012 par un règlement européen.
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L’autorisation accordée par l’Union Européenne à cette substance sera néanmoins réexaminée en 2022. Les intoxications de ces dernières semaines pourraient faire pencher la balance dans le sens d’un encadrement plus stricte ou d’une interdiction pure et simple.
Côté français, l’Anses a d’ores et déjà annoncé le 17 octobre le réexamen des autorisations de mise sur le marché des produits phytosanitaires à base de Metam sodium. L’agence se dit prête à « un renforcement des conditions d'emploi », à un « retrait de certains usages » ou même à un « retrait des autorisations de mise sur le marché ».
Les organisations de défenses de l'environnement demandent, quant à elles, son interdiction rapide. C’est le cas de Sauvegarde de l’Anjou, une association régionale qui appartient au réseau France Nature environnement. Elle a décidé de porter plainte contre les exploitants mis en cause dans les cas d’intoxications survenus en Maine-et-Loire.
« Ce produit est manifestement difficile à maîtriser. Il a déjà provoqué de graves cas de pollutions des eaux en région nantaise et en Bretagne. La Sauvegarde de l’Anjou demande donc aux ministres de la Transition Écologique et Solidaire et de l’Agriculture d’en interdire l’usage et d’accélérer considérablement le soutien aux alternatives aux pesticides », ajoute l’association.
« La filière du maraîchage doit prendre ses responsabilités. Il y a urgence »