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Méthanisation : dans l’Ouest, deux projets aux prises avec les riverains

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Deux projets de méthanisation portés par des agriculteurs, dans l’ouest de la France, sont actuellement contestés par des riverains. Ces deux projets sont soutenus par la profession agricole, notamment parce qu’ils valorisent des effluents d’élevage.

Le projet d’usine de méthanisation de Durtal, situé non loin d’Angers, et celui de Corcoué-sur-Logne (Loire-Atlantique), deux projets rassemblant des éleveurs, doivent faire face à la contestation de riverains.

A Durtal, le collectif « Bien vivre en Anjou Loir et Sarthe », mené par Stéphane Morard, objecte que l’installation s’étendrait sur cinq hectares de terres agricoles alors que la zone industrielle de la commune dispose encore d’une trentaine d’hectares disponibles. Dans un document qu’il a adressé à la mairie et à la préfecture du Maine-et-Loire, il affirme que « la méthanisation réduit bien la captation du carbone des énergies fossiles, mais elle détruit surtout le carbone de surface essentiel à l’équilibre de la vie du sol et du biotope ».

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« Soutenons les projets cohérents »

Face à cette opposition, Emmanuel Lachaize, président de la FDSEA, et Ludovic Roncin, président des Jeunes agriculteurs du département, ont publié un communiqué le 3 novembre, titré : « Soutenons les projets cohérents ». Ils indiquent que dans ce projet, sont impliquées quinze exploitations d’élevage, situées dans un rayon de 9 km autour du site. Les éleveurs prévoient une alimentation du digesteur « 100 % agricole, avec des fumiers de bovins et de volailles, des lisiers de porc et de canard, et des cultures intermédiaires à vocation énergétique pour compléter en période estivale. Aucune culture principale ne sera intégrée ».

Le projet de Corcoué-sur-Logne (Loire-Atlantique) effraie quant à lui les riverains par sa taille dénoncée par les opposants comme étant « XXL ». Ce projet, devant entrer en service en 2023, absorbera 680 000 tonnes de matières entrantes, dont 540 000 tonnes d’effluents apportées par 230 éleveurs. Cette taille importante par rapport à la moyenne des unités de méthanisation « peut faire peur », mais elle s’explique par le choix d’alimenter l’usine principalement avec des déjections animales, expose Jean-Michel Bréchet, directeur de la coopérative d’Herbauges : « Si l’on veut tourner avec le plus possible d’effluents, matières moins méthanogènes que les cultures végétales, il faut augmenter la dimension. En diminuant fortement la part des effluents, le projet pourrait être divisé par deux en volume, mais dans ce cas il entrerait en concurrence avec l’élevage, ce n’est pas notre volonté. »

Plus d’effluents nécessitent une dimension plus importante