Conduire une réforme de modernisation d’un secteur économique et social de premier plan et qui bousculait bien des situations d’alors. De manière à rendre ce secteur capable de s’inscrire dans la concurrence mondiale. Voilà ce qu’a, en fait, réussi Edgar Pisani dans les années soixante pour l’agriculture, tant par la loi française que par la participation à la construction européenne. Une réussite dont les pouvoirs publics d’aujourd’hui pourraient s’inspirer, en matière de réforme du droit du travail par exemple, comme en matière agricole d’ailleurs aussi. La méthode d’Edgard Pisani, lui-même qualifié de « gaulliste de gauche » mériterait à ce titre d’inspirer les réformateurs d’aujourd’hui.
De quoi est faite cette méthode ? D’abord, à entendre les témoins et analystes de l’époque, d’une très longue concertation avec les populations concernées ou en tout cas la partie la plus marchante. Les « palabres » selon le mot qu’il utilisait, avec les Jeunes agriculteurs de l’époque sont bien connues. Le temps de la concertation ne doit pas être compté.
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En second lieu, explique l’ancien ministre Henri Nallet, il fallait avoir "une claire conception du but à atteindre", un projet bien précis, sans doute en partie issu de ces palabres, mais dont on ne se détourne pas. Enfin, il fallait bien maîtriser les rouages administratifs et savoir faire front, si nécessaire, face à d’autres membres du gouvernement, n’hésitant pas à obtenir l’aval du patron du moment, le général de Gaulle, et se colleter à des poids lourds comme Valéry Giscard d’Estaing. Tout cela a fait la, ou les réformes agricoles des années soixante.
Réformes réussies, l’agriculture d’aujourd’hui en est un beau témoin, qui impliquent qu’un jour il faille y retravailler. Mais la méthode ne doit-elle pas rester la même ?