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UE/Vins et Spiritueux Mettre la réduction des droits de douane au centre des négociations UE/Inde

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La réduction des droits de douane doit être une priorité dans les négociations d’un accord de libre échange avec l’Inde. C’est ce que réclament ensemble les exportateurs européens de vins (CEEV) et de spiritueux (CEPS), lesquels estiment que les systèmes de droits de douane et de taxation actuellement en vigueur en Inde constituent des obstacles significatifs aux exportations européennes dans ce vaste continent.

L’Inde impose actuellement un droit de douane de 150 % sur les produits importés, les importations sont grevées d’une TVA qui peut aller jusqu’à 75 % et les droits d’accises peuvent atteindre facilement 200 %. C’est ce que dénoncent dans un même élan le Comité européen des entreprises de vins (CEEV) et la Confédération européenne des producteurs de spiritueux (CEPS) qui demandent à la Commission de s’assurer que la réduction des droits de douane soit une priorité dans les négociations en cours d’un accord de libre échange avec l’Inde. Les deux groupes de pression européens considèrent que la suppression des droits de douane et de taxation permettraient d’ouvrir considérablement le marché indien pour les exportations communautaires telles que le vin et les spiritueux. Les deux organisations réclament en particulier la suppression graduelle du droit de douane indien de 150 % imposé aux produits importés « dans un délai raisonnable », sans autre précision. « Un tel accord devrait pouvoir être atteint grâce à des modalités appropriées permettant à la fois de préserver le bon développement des parts de marché de la production et l’industrie vinicoles naissantes en Inde et de créer les conditions nécessaires à une concurrence équitable et juste pour les produits européens sur le marché indien », a assuré José Ramon Fernandez, le secrétaire général du CEEV. Celui-ci a expliqué à Agra alimentation que le secteur du vin européen restait conscient des ambitions et de l’ampleur de l’accord de libre échange négocié avec l’inde « qui dépassent le seul secteur des vins et spiritueux mais que les intérêts de ce dernier, vu son importance au sein de l’économie européenne (1), se devaient d’être au centre des préoccupations des négociateurs européens ». Le président du CEEV, Lamberto Gancia, a été plus loin : « Etant donné l’importance des secteurs des exportations de vins et de spiritueux européens dans la balance commerciale de l’UE, il serait inconcevable de conclure un accord de libre échange qui n’améliore pas significativement l’accès au marché pour les vins et spiritueux par une réduction substantielle des droits de douane indiens ».

Un marché limité mais avec un fort potentiel
Le marché indien est actuellement très limité. Selon les professionnels européens, la production locale représente 86 % du marché du vin, les produits importés étant essentiellement vendus dans les hôtels internationaux. Ceux-ci estiment néanmoins que ce marché reste dynamique avec une croissance de 30 % par an. Quant au marché des spiritueux de type occidental, celui-ci représente au total 200 millions de caisses soit moins de 1% du marché. Avec 300 millions de consommateurs, l’Inde offre un potentiel élevé en termes de développement de marché pour les produits importés. « Notre objectif n’est pas de remplacer les produits nationaux indiens. Avec plus de 200 millions de caisses, le marché indien des spiritueux est déjà considérable et constitue le plus grand marché mondial de whisky », assure Jamie Fortescue, le directeur général de la CEPS. Rappelant que les importations de spiritueux représentent aujourd’hui moins de 1 % de ce marché, celui-ci affirme « qu’il y a bien assez de place pour les produits nationaux et importés ». Selon lui, « une augmentation de la part de marché des produits européens offrirait aux consommateurs indiens un plus grand choix entre des produits nationaux bon marché et des produits importés plus haut de gamme ». La CEEV et la CEPS estiment que le Sommet UE/Inde qui se tiendra le 10 décembre 2010 « devrait confirmer la perspective d’un accord respectant les priorités et les ambitions des deux parties ».

(1) Selon le CEEV et la CEPS, les vins et les spiritueux sont en tête des exportations de denrées alimentaires, le secteur de l’agroalimentaire constituant l’industrie et le secteur d’exportation numéro 1 de l’UE: plus de 11 milliards d’euros d’exportations au total.

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