Abonné

Commerce Mexique: nouvelles négociations nécessaires avant un possible accord en 2018

- - 4 min

La Commission européenne et le Mexique n'ont pas réussi à conclure le 21 décembre 2017 – comme ils l'espéraient – les négociations en vue de moderniser leur accord de libre-échange datant de l’an 2000. Les discussions ont coincé notamment sur les indications géographiques des produits laitiers, une question très sensible pour la partie européenne.

Les négociateurs européens et mexicains s’étaient fixé pour objectif de conclure leurs discussions fin 2017, lors de leur 7e cycle de négociation (12-21 décembre) mais celui-ci n’a pas permis d’avancer suffisamment sur le volet agricole et en particulier sur les indications géographiques protégées (IGP) sur les produits laitiers, une question-clé aux yeux des Européens.
Dans le cadre de ces négociations pour la modernisation de l’accord de libre-échange UE/Mexique (entré en vigueur en 2000), les Européens insistent pour que le Mexique reconnaisse les IGP européennes, soit près de 300 produits agroalimentaires tels que les fromages, les vins et les charcuteries. Les Mexicains contestent bon nombre d’IGP européennes dont celle par exemple de la « mozzarella » italienne ou du « manchego » espagnol pour la bonne raison qu’ils en fabriquent et qu’ils les considèrent comme de simples marques commerciales. Or, l’UE insiste sur cette question de protection des IGP comme elle y est parvenue en signant son accord de libre-échange avec le Canada (CETA), le 30 octobre 2016.

En fait, le gouvernement mexicain est poussé dans le dos par une centaine de producteurs de fromages nationaux qui ont lancé une action en justice, début décembre dernier, pour empêcher Mexico d’approuver un texte avec l’UE qui les empêcheraient d’utiliser des noms européens pour leurs produits agroalimentaires.
Faire adhérer le Mexique aux IGP de l’UE fait partie d’une stratégie plus globale de l’UE, à savoir avancer sur cette question en Amérique du nord où les IGP ont été l’un des sujets les plus controversés dans les négociations sur le TTIP avec les États-Unis, négociations au point mort depuis l’élection du président américain, Donald Trump. Celui-ci, comme il l’avait promis lors de sa campagne électorale, a rapidement remis en cause l’accord de libre-échange de son pays avec le Mexique et le Canada (Alena), que les trois parties ont commencé à renégocier, ce qui a conduit Mexico à diversifier ses débouchés commerciaux.

En dépit des progrès enregistrés sur les autres volets des négociations UE/Mexique visant à moderniser leur partenariat économique de l’an 2000 et des déclarations optimistes de la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, conclure un accord en 2018 s’avère potentiellement compliqué dans la mesure où cette année le Mexique devrait élire son nouveau président, en octobre 2018. Nul doute que l’accord de libre-échange avec l’Union européenne ne manquera pas de s’inviter dans la campagne électorale.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Négociations : deux ans déjà

La Commission européenne et le Mexique ont entamé des négociations pour actualiser leur accord de libre-échange en mai 2016. Entre 2005 et 2015, les flux commerciaux de marchandises annuels entre les deux partenaires ont plus que doublé dans le contexte de l’accord en vigueur et sont passés de 26 à 53 milliards d’euros, selon la Commission européenne. L’UE est actuellement le 3e partenaire commercial du Mexique et le Mexique est le 15e partenaire commercial de l’UE. Les Européens espèrent obtenir grâce à la modernisation de l’accord de libre-échange un meilleur accès aux marchés publics et au marché des services mexicains ainsi qu’une reconnaissance élargie de leurs indications géographiques protégées. L’UE souhaite également établir avec l’État mexicain l’ « Investment Court System » (ICS), le système d’arbitrage pour résoudre les différends commerciaux, à l’exemple de celui qu’elle a négocié avec le Canada (CETA). Le Mexique, de son côté, espère multiplier ses exportations agroalimentaires sur le marché de l’UE, notamment pour compenser les possibles pertes dues à la diminution des relations commerciales avec les États-Unis, suite à l’élection du président américain, Donald Trump.