Dans son numéro du mois d’avril, Onivins Infos dresse un bilan de la campagne viticole à mi-chemin (fin février). Il révèle une augmentation des stocks importantes dans tous les vignobles, une activité et des cours en baisse sur le marché du vrac. Viniflhor ne donne pas d’information sur la santé des entreprises viticoles mais nombre d’entre elles connaissent des difficultés économiques graves.
En Alsace, malgré une récolte en baisse (-8,6%), les stocks augmentent de 11%. En Aquitaine, où la récolte a reculé de 6%, ils s’accroissent de 15%. En Bourgogne, ils grimpent de 10% (récolte en baisse de 4%) et en Charentes de 183 mhl. La Provence-Alpes-Côtes-d’Azur enregistre + 9% (malgré une récolte en baisse -3,8%). Le Languedoc-Roussillon connaît une hausse spectaculaire à 33,2% (+ 64,2% pour les vins de table) malgré une récolte en repli de 10,6%. Midi-Pyrénées affronte également une forte augmentation (36%) surtout en raison de la hausse spectaculaire des stocks des vins de table (+86%). Rhône-Alpes enregistre la plus forte croissance des stocks avec +39% (+69% sur les vins de table) en dépit d’une récolte en recul de 14%.
Le blocus des bordeaux n’a pas tenu
En cause : la faiblesse des transactions, qui se confirme fin mai. Globalement, transactions et cours ont baissé partout en France. L’Alsace, à 7 mois de campagne, est parvenue à augmenter le volume des transactions sur le vrac (+51%) mais en baissant les prix sur tous les cépages. Les ventes en bouteilles gagnent +1,3% à 145 millions de cols.
En Aquitaine, l’activité cumulée du vrac est en baisse de 4% pour les VQPRD (vins de qualité) et de 26% pour les vins de pays et les vins de table. Les cours sont globalement en baisse.
« Le blocus des ventes à moins de 1000 euros le tonneau de 900 litres sur les bordeaux et bordeaux supérieurs n’a pas tenu. Depuis deux mois, 236 000 hl de vin rouge en vrac se sont vendus en moyenne 889 euros le tonneau en moyenne. Alors que le coût de revient est de 1000 euros. Sur 2004 et 2005, les viticulteurs n’ont pas dégagé de revenu. Ce sera sans doute pareil en 2006 », explique François Ricadat, conseiller d’entreprise chargé des exploitations en difficulté de la Chambre d’agriculture de la Gironde.
Une campagne « foutue », selon les vignerons de l’Hérault
En Bourgogne, l’activité sur le marché du vrac est en hausse (+17%) avec une progression sensible pour les rouges (+56%). Mais là aussi, les cours flanchent sur la plupart des appellations. En Charentes, le volume des transactions des vins blancs issus des cépages « double fin » est inférieur à celui de la dernière campagne à la même époque (-51% pour les moûts et -40% pour les vins blancs à l’intérieur de la quantité normale vinifiée ou QNV). Les cours continuent de baisser.
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En Languedoc-Roussillon, les transactions en vrac reculent pour les vins de table (-22%), les VQPRD (-14,9%) et augmentent légèrement pour les vins de pays (+2,6%). Les cours sont en recul sur toutes les catégories de vins.
« Beaucoup de négociants tardent à retirer le vin qu’ils se sont engagés à acheter et tardent donc à le payer. Le revenu moyen des viticulteurs a baissé de 30% à 50%. Les viticulteurs sont amenés à brader à l’approche de la vendange. Beaucoup considèrent que la campagne est “foutue”», explique Thierry Lanau, sous-directeur de la Chambre d’agriculture de l’Hérault.
Demande en chute pour les vins de table
En région Midi-Pyrénées, l’activité en vrac est en hausse de 16% pour les VQPRD et de 54% pour les vins de table mais en baisse de 30% sur les vins de pays. Ce volume se fait là encore au détriment des prix : les cours sont en régression sur toutes les catégories de vins.
En Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, l’activité vente en vrac recule, particulièrement pour les Côtes de Provence (-60%). Les prix de la plupart des vins sont en recul.
En Rhône-Alpes, l’activité chute également (-11% pour les VQPRD, -26% pour les vins de pays et -48% pour les vins de table). Les cours sont stables en vin de pays mais baissent dans toutes les autres catégories de vin.