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Jeunes agriculteurs Michel Barnier lance le « renouveau du parcours à l’installation »

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C’est à Laguiole, « exemple de développement territorial en France » que le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier a lancé, le 7 février, le « renouveau du parcours à l’installation » souhaité par l’équipe de Philippe Meurs, président des JA. S’exprimant lors du CNI (Conseil national de l’installation), le ministre a indiqué qu’avant la fin du premier semestre 2008, les textes nationaux permettant de « mieux individualiser et personnaliser les parcours à l’installation » seront établis. L’ambition du ministère est d’augmenter de 20 à 25 % les jeunes bénéficiant des aides à l’installation. Reste à trouver des nouveaux moyens de financement.

«C’est une nouvelle page de l’installation des jeunes agriculteurs qui s’écrit », se félicite Philippe Meurs, président des JA. En effet, le mot-clé du renouveau du parcours à l’installation validé par Michel Barnier, le 7 février à Laguiole est la logique de projet. Plutôt que des obligations identiques pour tous, le nouveau dispositif doit reposer sur les projets des candidats à l’installation, a expliqué le ministre. Il doit prendre en compte un niveau de formation minimal, l’expérience déjà acquise des jeunes porteurs de projet et la diversité des projets. Il est donc nécessairement personnalisé (Cf Agra n° 3133-3134). C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la mise en place d’un plan de professionnalisation personnalisé.

Généralisation des points d’info installation

Le ministre a validé la généralisation sur tout le territoire des « points d’info installation » chers aux Jeunes agriculteurs. « Tous les jeunes doivent avoir accès à une information de qualité et j’ajoute impartiale sur le parcours à l’installation », plaide le ministre. Cette généralisation des points d’accueil et d’information en « associant les compétences de tous les partenaires impliqués, sera réalisée sous l’autorité des CDOA (commission départementale d’orientation agricole), réunies en sous-commission ou en « formation installation ». Par cette étape préliminaire, « le jeune devient acteur de son installation via l’autodiagnostic qui lui est remis par le point info installation et via les professionnels qui l’aident à finaliser son projet », a expliqué Philippe Meurs.

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Le plan de professionnalisation personnalisé (PPP) doit pouvoir être construit avec l’aide de personnes dûment formées et spécifiquement agréées par l’État, a expliqué le ministre. L’association de deux auditeurs lui parait un « juste équilibre ». « Les Adasea, (…) pourraient être le cœur de ce plan en assurant la coordination, avance le président des JA. Les chambres d’agricultures seraient un appui certain pour déterminer les compétences des jeunes ». Ce plan sera approuvé par le préfet, a souligné le ministre, avec un éventuel avis de la CDOA. Cette CDOA a le dernier mot sur le projet d’installation du jeune.

Un vivier de 4 000 jeunes candidats

Actuellement, sur les 16 000 personnes qui deviennent chaque année agriculteurs en France, seulement 6 000 sur les 10 000 âgés de moins de 40 ans bénéficient des dispositifs d’aides. Le but de la réforme, pour le ministère, est d’augmenter de 20 à 25% le nombre de jeunes agriculteurs pouvant bénéficier de DJA (dotations aux jeunes agriculteurs) et de prêts bonifiés (de 1% de taux d’intérêt dans les zones défavorisées à 2,5% dans les plaines). Pour le président du syndicat des Jeunes agriculteurs, il faut être plus ambitieux. Reste le problème du financement de ces futurs nouveaux entrants dans le dispositif aidé. Le syndicat jeune propose un prélèvement de 1 à 2 % du montant des plus-values réalisées lors d’un transfert d’utilisation des terres agricoles vers les surfaces bâties ou des sols artificialisés non bâtis comme les jardins et les pelouses. La question n’est pas tranchée. Et le ministre a rappelé qu’en 2007, l’État français avec le concours de l’UE aura consacré plus de 350 millions d’euros à l’installation.