Au congrès de la Fédération nationale des producteurs de légumes (FNPL), le 15 novembre, Michel Barnier a appuyé, dans son discours, le modèle des maraîchers français, caractérisé par des contraintes écologiques, sociales et qualitatives supérieures à celles des compétiteurs d’Europe du Sud et des pays tiers. Parmi les soutiens les plus tangibles qu’il a évoqués figure la dotation pour aléas, un dispositif de prévention individuelle des crises pour les producteurs.
«Aide-toi, le ciel t’aidera», a commenté Jean Sales, président du conseil spécialisé « fruits et légumes » de l’office Viniflhor, à l’issue de la première journée du congrès de la FNPL, qui s’est tenu le 15 novembre à Reims. Cette exclamation résume bien le fait que les producteurs sont conscients qu’ils doivent avant tout compter sur leurs propres forces.
« Vos légumes ne sont pas des produits neutres »
Le ministre de l’Agriculture n’a pourtant pas tari d’éloges adressés aux producteurs de légumes, à leur présidente Angélique Delahaye et à leur secrétaire général Jacques Rouchaussée, maraîcher près de Reims. « Vous êtes de vrais patrons de PME », « vos productions se trouvent au cœur de ma vision de l’agriculture : ce n’est pas une agriculture aseptisée ». Le thème du congrès, « Valoriser l’origine France », « montre bien que vos légumes ne sont pas des produits neutres ». Enfin, le ministre a répondu par un « oui, et pas un oui démago », à la question posée par Angélique Delahaye: «Oui ou non, y a-t-il un avenir pour les producteurs de légumes en France ? ».
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Vers un système d’assurance défiscalisé
Mais, sur l’application concrète de son « non au dumping social et écologique », il est trop tôt pour voir poindre une politique globale d’allégement des charges. Néanmoins, Michel Barnier a déclaré qu’il a engagé des discussions avec ses collègues ministres de l’Économie et du Budget pour « mettre en place des dispositifs assuranciels », type Dotation pour aléas (DPA). Ce système permet à l’exploitant de bénéficier en année difficile (pour cause de climat ou de retournement de conjoncture) d’un pactole amassé les années fastes. Le système est financé par les producteurs, la seule intervention des pouvoirs publics est un accompagnement fiscal.
Par ailleurs, le ministre a évoqué des mesures d’encouragement à la reconversion énergétique des serristes (bois, solaire, photovoltaique, géothermie, biogaz). Ces mesures découleront de son « plan pour la performance énergétique des exploitations agricoles », issu du Grenelle de l’environnement.