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Agroalimentaire Michel Barnier présente un plan d’action pour renforcer le secteur

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Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a présenté le 24 mars à Rungis un plan d’action pluriannuel pour renforcer le secteur agroalimentaire, « secteur majeur pour l’économie française ». L’objectif de ce plan d’action est d’agir sur tous les leviers de la compétitivité, y compris celui de l’emploi et de la formation, en s’appuyant principalement sur la recherche et l’innovation.

Michel Barnier a présenté le 24 mars un plan d’action pour la compétitivité du secteur agroalimentaire, clôturant deux mois de consultations régionales. En effet, le ministre avait demandé aux préfets d’organiser dans chaque région des assises de l’agroalimentaire, qui se sont tenues en février et en mars, rassemblant plus de 2 000 participants, dont la moitié de dirigeants d’entreprise.

Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), attendait du ministre qu’il prenne des mesures en faveur du secteur avant son départ. « Nous étions un peu orphelins d’un ministre qui porte les préoccupations de l’agroalimentaire », a-t-il précisé le 24 mars.

Un haut conseil des IAA pour prendre des mesures

Le gouvernement propose des orientations détaillées. Michel Barnier a d’abord présenté un plan pluriannuel d’accompagnement du secteur.

Le premier volet entend placer les industries agroalimentaires « au cœur des politiques publiques ».

Au niveau européen, il s’agit « d’insuffler une stratégie pour l’agroalimentaire ». Le ministre a cité les 30 recommandations adoptées le 17 mars par la Commission pour renforcer la compétitivité de l’industrie agroalimentaire européenne. Un plan d’action sectoriel devrait en ressortir avant l’été 2009.

Au niveau français, un « haut conseil de l’industrie agroalimentaire » sera constitué, placé auprès du délégué interministériel aux industries agroalimentaires (IAA) et à l’agro-industrie, Philippe Rouault. Ce conseil participera à la définition de la politique agroalimentaire française. Il associera plusieurs ministères (Agriculture, Recherche, Santé, Ecologie, Finances) ainsi que des représentants des producteurs et des consommateurs. C’est ce conseil qui prendra les grandes mesures agroalimentaires de la France, a expliqué le ministre. Par ailleurs, sera créé un observatoire économique des industries agroalimentaires, qui sera opérationnel d’ici l’été. Cet observatoire examinera, entre autres, le suivi des dispositifs d’accompagnement des PME gérés par Oseo, l’agence de soutien à l’innovation.

Le chantier de la formation et des conditions de travail

Le projet de Michel Barnier souhaite « renforcer la compétitivité des industries agroalimentaires ». Cette orientation comprend une « stratégie d’accompagnement » des entreprises à l’exportation et la « mobilisation des IAA » pour qu’elles intègrent les enjeux nutritionnels dans leurs procédés de transformation. Elle comprend aussi l’adaptation des politiques d’emploi et de formation. Pour l’emploi, il s’agira de mettre en place des formations mieux adaptées aux besoins des entreprises, notamment par une « rénovation des diplômes ».

Pour les conditions de travail, le « plan d’action pour l’amélioration de la sécurité au travail et des conditions de travail » mis en place par le ministère prévoit entre autres le lancement d’une « vaste campagne de lutte » contre les TMS (troubles musculo-squelettiques, qui représentent plus de 8 maladies professionnelles sur 10 déclarées dans le secteur).

Les dix priorités de recherche et développement

Michel Barnier compte aussi encourager « la recherche-développement et l’innovation ». C’est la partie la plus détaillée de son plan. Le ministre de l’Agriculture a ainsi annoncé les dix priorités de recherche et développement pour le secteur.

– « l’alimentation, le goût, la santé et le bien-être », consiste à produire une alimentation bénéfique pour la santé.

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– « une nouvelle alimentation pour l’animal », cherche à concevoir une alimentation du bétail favorisant la santé de l’homme.

– « La chimie du végétal », a pour enjeu le remplacement des molécules pétrochimiques par des molécules végétales.

– « L’énergie verte », a pour objectif la valorisation de la biomasse pour produire des carburants notamment.

– Le thème « Les engrais naturels et la phytopharmacie », doit favoriser l’innovation pour fertiliser et guérir les plantes avec des produits naturels.

– « Les variétés végétales de demain », vise l’adaptation des plantes aux besoins nutritionnels et environnementaux.

– « La valorisation des produits de la mer », veut tendre vers la valorisation de 100% du produit issu de la pêche.

– Le « prêt à consommer » propose une conception d’aliments plus simples à cuisiner et à consommer.

– « Les nouveaux produits pour une viticulture, une arboriculture et un maraîchage durables », invitent à développer des innovations telles l’élaboration de boissons à base de fruits et légumes frais.

– « La conception de nouveaux emballages », appelle à l’essor de nouveaux matériaux, biodégradables ou recyclables.

Une impulsion très attendue

Le plan Barnier porte des préoccupations qui étaient déjà exprimées en mai 2005 avec le lancement du Partenariat national pour le développement de l’industrie agroalimentaire (PNDIAA) par Nicolas Forissier, l’ancien délégué interministériel aux IAA. Le PNDIAA devait déboucher sur des mesures de renforcement du secteur. Le constat majeur dressé à l’époque était que l’agroalimentaire, un des premiers secteurs économiques français, n’investit pas assez dans l’innovation et perd du terrain sur le plan international. En juin 2006, Nicolas Forissier entendait « donner une nouvelle impulsion » à ce plan. Michel Barnier n’a pas voulu partir sans décevoir les professionnels. Il a rappelé le 24 mars que le prochain ministère de l’Agriculture devait être aussi celui de l’Alimentation.