Les résultats d’une enquête de la DGAL sur les mortalités apicoles de l’hiver ont conduit le ministère de l’Agriculture à accorder une aide exceptionnelle de 3 M€ pour les agriculteurs touchés.
Le ministre de l’Agriculture a annoncé le 30 juillet la mise en place d’un dispositif d’aide exceptionnelle de 3 M€ pour les apiculteurs touchés par la surmortalité dans les ruches. Celui-ci sera « articulé avec les aides déjà mises en place par les collectivités territoriales et notamment les Conseils régionaux », indique le ministère. Le dispositif sera effectif d’ici fin septembre, sous la forme d’une aide au renouvellement du cheptel apicole (aide à l’achat d’essaims). Les critères pour l’attribution de l’aide « sont en cours de définition ». Pour les apiculteurs les plus touchés, « une avance sera versée rapidement dès la demande effectuée, promet le ministère. Les apiculteurs auront ensuite jusqu’à la fin du printemps 2019 pour réaliser les achats d’essaims et transmettre les factures. »
La décision est motivée par les résultats de l’enquête qualitative menée par la DGAL auprès des Draaf sur les mortalités apicoles de l’hiver 2017-2018. Ils « mettent en lumière une augmentation par rapport aux hivers précédents en Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Bourgogne-Franche-Comté principalement », précise le ministère. Une autre enquête, réalisée par la plateforme nationale d’épidémio-surveillance en santé animale, est en cours. Elle doit « recueillir les informations des apiculteurs » sur les mortalités de l’hiver. L’enquête en ligne est restée ouverte jusqu’au 15 août. Stéphane Travert avait incité l’ensemble des apiculteurs à y répondre.
En 2017, FranceAgriMer constatait une hausse du miel produit
Ce mauvais hiver intervient après trois années dynamiques pour l’apiculture française. FranceAgriMer constate une augmentation de 9 % du nombre d’apiculteurs en 2017. La population d’apiculteurs passe ainsi de 49 354 personnes en 2016 à 53 953 en 2017. La part des apiculteurs disposant de moins de 50 ruches reste identique à celle de l’an dernier, et représente 92 %. Toujours entre 2016 et 2017, le nombre de ruches en production perd 4 %. FranceAgriMer dénombre 939 385 ruches au printemps 2017, contre 978 571 l’année d’avant. « Cet écart s’explique par un taux de remise en production plus faible de 71 %, soit 1 point de moins qu’en 2016 », détaille la note.
Après une production de 16 099 t en 2016, les tonnages de miel bondissent de 23 % en 2017 pour atteindre 19 788 t. Le miel certifié biologique représente environ 9 % du total du volume produit en 2017, soit 1 816 t. « Les pluies printanières lors de certaines floraisons et les sécheresses estivales provoquant de mauvaises conditions météorologiques sur l’ensemble de la France tout au long de la saison ont rendu peu favorable la collecte de nectar et de pollen par les abeilles », estime FranceAgriMer, avant d’ajouter que le taux de mortalité était élevé. Le rendement moyen national est en hausse. Il affiche 21,1 kg de miel produit par ruche en 2017 contre 16,5 kg en 2016. L’augmentation est plus forte encore dans les ruches biologiques : le rendement bondit de moitié, passant de 15,6 à 23,4 kg par ruche.
Le dispositif sera effectif d’ici fin septembre, sous la forme d’une aide au renouvellement du cheptel apicole
Après une production de 16 099 t en 2016, les tonnages de miel bondissent de 23 % en 2017 pour atteindre 19 788 t